Politique

Crise ivoirienne : embuscade à Abobo, plus d’une dizaine de morts

Une rue bloquée par des manifestants à Treichville (Abidjan), le 21 février 2011. © AFP

De très violents combats de rue se sont déroulés dans le quartier abidjanais d’Abobo mardi entre les Forces de défense et de sécurité fidèles à Laurent Gbagbo et des hommes armés surnommés le "commando invisible". Selon des sources sécuritaires, le bilan serait d’une quinzaine de morts, mais il pourrait être beaucoup plus lourd.

Pendant que les tractations se poursuivaient autour du panel de l’Union africaine (UA), le quartier abidjanais d’Abobo (majoritairement pro-Ouattara) a été le théâtre de très violents affrontements mardi entre les Forces de défense et de sécurité (FDS, fidèles au président sortant Laurent Gbagbo) et des hommes armés.

Selon le porte-paorle des FDS, qui s’est exprimé à propos de ces faits mercredi à la télévision ivoirienne, un de ses membres a été tué et deux sont portés disparus, tandis que deux gendarmes étaient déjà pris en otage avant l’affrontement.

"Commando invisible"

Le groupe dénommé « commando invisible » a revendiqué cette attaque dans un communiqué. Lequel précise que les combats ont fait 27 morts, dont « un commandant en chef et un chef d’escadron des troupes », et leur aurait permis d’enlever « trois gendarmes ».

D’autres sources sécuritaires font état d’un bilan d’une quinzaine de morts. Selon des témoins, il serait beaucoup plus lourd encore et de nombreux membres des FDS seraient parmi les victimes.

Les FDS sont tombés dans une embuscade tendue par des hommes armés. Selon le porte-parole des FDS, leurs hommes ont été assaillis par « plus d’une cinquantaine de rebelles dotés d’importantes armes de guerre ».

Ces assaillants se sont notamment emparés d’un véhicule des FDS (leur porte-parole a reconnu la perte d’un véhicule « tombé dans un ravin […] dans sa manoeuvre »). Selon des témoins, il était chargé d’une grande quantité d’armes. Le « commando invisible » de son côté affirme s’être emparé de « trois 4×4 » ainsi que de nombreuses armes et munitions.

Les habitants ont assisté à des combats à l’arme lourde, avec notamment des tirs de mortiers, de roquettes et d’armes automatiques. Des corps de victimes ont été évacués dans des véhicules bâchés.

En conséquence, le chef d’état major des Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (Fanci), Philippe Mangou, a ordonné l’arrêt du trafic sur le plan lagunaire. « Aucune embarcation n’est autorisée à effectuer des mouvements sur ces lignes pendant la suspension », a précisé le porte-parole des FDS.

De son coté, le « commando invisible » promet l’extension des combats aux quartiers de Koumassi, Adjamé et Yopougon.

Le camp du président élu Alassane Ouattara nie avoir un lien avec ces insurgés. Il avait appelé ses partisans à sortir dans les rues à partir de lundi pour mener une « révolution » à l’image de la Tunisie et de l’Égypte. Des rassemblements, qui ont eu lieu dans les quartiers d’Abidjan qui lui sont traditionnellement favorables (Abobo, Treichville et Koumassi notamment) mais ils ont donné lieu à des heurts avec les forces de l’ordre. Alassane Ouattara a affirmé mardi que douze manifestants avaient été tués. Le décès d’au moins six personnes était confirmé par l’AFP mardi à la mi-journée.

Entre décembre et janvier, 32 membres des FDS ont perdu la vie selon un bilan officiel. Mais le mois de février promet d’être le plus meurtrier pour elles.

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