Politique

Tchad : majorité absolue aux législatives pour le parti du président Déby

La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a annoncé la victoire aux législatives du 13 février du Mouvement patriotique du salut (MPS) du président Idriss Deby Itno et de ses alliés. Au total 133 sièges sur 188 à l’Assemblée nationale ont été obtenus par cette coalition selon les résultats provisoires. L’opposition qualifie le scrutin de « mascarade électorale ».

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Mis à jour le 1 mars 2011 à 09:28

La coalition autour d’Idriss Déby Itno a obtenu une large majorité. © AFP

133 sièges sur 188 à l’Assemblée nationale pour le parti du président Idriss Deby Itno et ses alliés avec un taux de participation de 56,6 % selon le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Yaya Mahamat Liguita. À lui seul, le Mouvement patriotique du salut (MSP) a comptabilisé 117 sièges.  Le signe d’une victoire confortable pour le chef de l’État, au pouvoir depuis 1990. Les résultats annoncés par la Ceni sont encore provisoires, en attendant la confirmation du Conseil constitutionnel qui donnera le verdict final.

Le président de la Ceni a lui-même déclaré dimanche à l’Agence tchadienne de presse (ATP) des irrégularités lors du décompte des voix. Une liste d’anomalies a été révélée par la Ceni : le nombre de votants dépassant le nombre des inscrits, le pourcentage obtenu dans certaines circonscriptions électorales dépassant les 100 %, ainsi que des procès verbaux mal remplis.

Dénonciation de fraude

Ces irrégularités ont déclenché la fronde de l’opposition qui a dénoncé une « mascarade électorale » au lendemain du scrutin du 13 février.

Le 15 février, 11 partis de l’opposition tchadienne avaient signé une déclaration commune « se réservant le droit de récuser les résultats » du vote. Pourtant, ces législatives étaient les premières élections non boycottées par l’opposition depuis 2002 au Tchad.

Les sièges obtenus par l’opposition ne pèsent que peu, face à la large victoire du front réuni autour du président Deby.  L’Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR) de Saleh kebzabo, élu député, se profile comme la plus grande formation d’opposition avec 11 sièges. Les formations des opposants Wadal Abdelkader Kamougué et  Ngarlejy Yorongar seront également représentées à l’Assemblée.

Ces législatives, organisées avant la présidentielle du 3 avril, devaient notamment permettre de mesurer le poids réel de l’opposition dans ce pays marqué par de nombreux conflits. L’opposition, largement morcelée (plus de 100 partis politiques existent, souvent uniquement localement),  ne dispose pas d’autant de visibilité que le MPS.

Satisfaction du parti au pouvoir

Les pratiques du scrutin (proportionnel local à un tour) rendent difficiles le décompte exact des députés appartenant au MPS et aux partis alliés. Les formations, qui présentaient des listes communes avec le MSP dans certaines circonscriptions, telles que le Rassemblement pour la Démocratie (RDP) de l’ancien président Lol Mahamat Choua et le VIVA-RDP de l’ancien Premier ministre Kasiré Coumakove, ont de leur côté obtenu une dizaine de députés chacun.

De son côté, le porte-parole du MPS s’est déclaré satisfait lundi de la large majorité obtenue à l’Assemblée par son parti. Il a ajouté que le parti au pouvoir poursuivrait sa politique d’ouverture.

Lors de la dernière législature, le MPS d’Idriss Deby Itno disposait de 112 sur 155 sièges (le nombre de députés a été revu à la hausse). La prochaine bataille se jouera lors de l’élection présidentielle, le 3 avril prochain. Le président sortant est largement favori.  (Avec AFP).