Politique

Kadhafi recrute des Touaregs du Niger et du Mali pour combattre la révolution libyenne

Ex-rebelles touaregs en route pour une cérémonie de désarmement, le 17 février 2009 au Mali. © AFP

Le "Guide" Mouammar Kadhafi a réclamé l’appui de Touaregs maliens et nigériens pour contrer la révolte en Libye. Les élus locaux de ces pays craignent une déstabilisation régionale.

Selon plusieurs témoignages, le colonel Kadhafi, a fait appel à de jeunes Touaregs  – dont d’anciens rebelles – pour le défendre. En proie à une vive contestation dans son pays, le numéro un libyen espère que ces nomades venus du Mali ou du Niger pourront l’épauler face à l’insurrection.

De véritables réseaux existent entre les pays de la région : « Kadhafi à ses mains jusque chez nous. Il sait qui appeler, ils font des voyages collectifs. C’est du Tchad, semble t-il, qu’il y a un pont aérien. D’autres font la route pour aller dans le sud de la Libye », raconte Abdou Salam Ag Assalat, président de l’assemblée régionale de Kidal (Mali).

Déjà, en Libye, certains témoins ont rapporté la présence de « mercenaires » subsahariens au côté des forces militaires restées loyales à Kadhafi. Selon un dernier bilan, les violences liées à la répression de l’insurrection ont fait 6 000 morts, dont 3 000 dans la seule ville de Tripoli, a indiqué ce mercredi le porte-parole de la Ligue libyenne des droits de l’homme, Ali Zeidan.

Un danger pour toute la sous-région

Outre l’escalade de la violence qui pourrait découler de ces dispositions, les responsables locaux maliens et nigériens craignent des retombées négatives pour la sous-région. « Nous sommes à plus d’un titre très inquiets », confirme Abdou Salam Ag Assalat. Ces jeunes « sont en train de monter [en Libye, NDLR] massivement. C’est très dangereux pour nous, car que Kadhafi résiste ou qu’il tombe, il y aura un impact pour notre région », explique-t-il.

C’est pourquoi les responsables régionaux tentent de les dissuader, affirme-t-il. « Mais ce n’est pas facile » de retenir les jeunes alors qu’on leur propose « des dollars, des armes à récupérer ». « Tout ça me fait peur, vraiment, car un jour ils vont revenir avec les mêmes armes pour déstabiliser le Sahel », ajoute-t-il.

Le maire de Kidal, Arbacane Ag Bazayak, partage la même inquiétude : « Que feront-ils après ? Revenir avec les mêmes armes. C’est un danger pour toute la sous-région. »  (avec AFP)

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