Droits de l’homme

Manifestation éclair devant le Parlement marocain

L'instigateur de l'appel à manifester sur Facebook Oussama el-Khlifi (à dr), à Rabat le 6 mars. © AFP

Pendant quelques minutes, à Rabat, Casablanca et Tanger notamment, des centaines de manifestants se sont rasssemblés pour réclamer plus de démocratie au Maroc, après s'être donné rendez-vous sur Facebook. Une manière de maintenir la pression sur le gouvernement, deux semaines avant une nouvelle mobilisation d'envergure.

Ils n’étaient que quelques centaines, dimanche, devant le Parlement marocain de Rabat. Mais le rassemblement, qui n’a duré que quelques minutes, avait surtout une portée symbolique et médiatique : montrer que la mobilisation ne faiblit pas au Maroc, avant la prochaine grande manifestation d’envergure nationale attendue pour le 20 mars et dont l’objectif est de réclamer « plus de démocratie » ainsi qu’une réforme constitutionnelle limitant les pouvoirs du roi.

Objectif des manifestants, qui s’étaient donnés rendez-vous via Facebook dans le centre de la capitale avant de converger vers le Parlement : réclamer « un État de droit » et des réformes politiques et sociales « radicales » au Maroc. D’autres manifestations similaires ont eu lieu dans le pays, notament à Casablanca, où plusieurs centaines de personnes se sont réunies pacifiquement sur la place Mohammed V avec des pancartes portant les mots « dignité », « justice sociale », « non au cumul du pouvoir et de la fortune ». Un autre rassemblement a eu lieu à Tanger, mais les forces de l’ordre sont intervenues pour disperser un groupe de jeunes venus perturber la manifestation, selon les autorités locales.

"Changement radical"

Les revendications des manifestants étaient très diverses, mais touchaient toutes à la démocratie et aux droits de l’homme. « Nous ne voulons pas de réformes ponctuelles, nous voulons un changement radical », affirmait à Rabat Kamilia Raouyne, une étudiante de 20 ans, voulant attirer l’attention sur la condition des femmes au Maroc. « Le mariage des mineurs est toujours autorisé, la polygamie existe toujours, le travail des femmes est moins payé que celui des hommes », affirme-t-elle. « Nous voulons un État de droit, une Constitution qui respecte les droits de l’homme », lançait quant à lui un autre manifestant, Ali Ayman, étudiant en art dramatique de 20 ans.

De nombreux militants des droits de l’homme, en particulier de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), participaient à la manifestation de Rabat. « À la différence de la Tunisie, nous avions déjà au Maroc une expérience de la rue. Le fait nouveau aujourd’hui est que tout le monde pose le problème politique, du pouvoir, et plus seulement du social », expliquait Saddik Lahrach, un militant de Forum marocain pour la vérité et la justice, ancien prisonnier politique sous le règne d’Hassan II.

Le roi Mohammed VI, lors d’une rencontre la semaine dernière avec des délégués syndicaux, a assuré que des réformes seraient mises en œuvre. Mais ni le contenu ni le calendrier de ces réformes n’a été annoncé. (Avec AFP)

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