Politique

Libye : Kadhafi a-t-il tenté de négocier son départ ?

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Mis à jour le 8 mars 2011 à 09:28

Selon Al-Jazira et deux journaux arabes, le « Guide » libyen Mouammar Kadhafi aurait entamé des négociations avec les insurgés pour quitter le pouvoir avec des garanties. La télévision d’État libyenne a démenti l’information.

La nouvelle surprend quand on connaît la mégalomanie du « Guide » libyen. Mais selon la chaîne de télévision Al-Jazira ainsi que deux journaux de langue arabe (l’un basé à Londres, l’autre aux Émirats arabes unis), le colonel Kadhafi aurait entamé des discussions avec les insurgés, représentés par le « Conseil national », sorte de gouvernement provisoire qui siège à Benghazi.

La chaîne qatarie citait des sources au sein de ce conseil, selon lesquelles Kadhafi aurait proposé une réunion du Parlement qui pourrait prendre des mesures afin qu’il démissionne avec des garanties. Selon ces sources, Kadhafi voudrait s’assurer que sa sécurité et celle de sa famille soient garanties, et qu’il ne sera pas jugé. L’offre aurait été rejetée car les insurgés refusent de lui offrir une sortie « honorable » et de porter atteinte à la mémoire de ses victimes.

Somme d’argent

Une source « proche du conseil », citée par l’agence de presse britannique Reuters, a également fait état d’une offre en provenance de Tripoli, selon laquelle le pouvoir serait confié au chef du Parlement et Kadhafi quitterait le pays avec une « certaine somme d’argent garantie ». D’après cette source, la question de cette somme d’argent serait une des conditions inacceptables pour le Conseil national.

Essam Gheriani, l’un des porte-parole de ce conseil, a affirmé ne pas avoir connaissance d’une telle offre. La télévision libyenne a pour sa part démenti toute discussion avec les insurgés.

Certains membres du Conseil national tentent-ils de faire passer Mouammar Kadhafi pour plus isolé qu’il ne l’est ? Et si cette offre était réelle, pourrait-il s’agir d’une ruse du « Guide » pour que l’insurrection baisse la garde ?

Il est encore trop tôt pour répondre à ces questions. Mais la position jusqu’ici très ferme du régime libyen commence à fléchir. Comme en témoigne notamment la diffusion lundi, par la télévision d’État libyenne, d’un appel au dialogue en direction des chefs de l’insurrection par la voix de Jadallah Azous Al-Talhi, un membre du régime et ancien Premier ministre.