Politique

Kenya : le fils de Jomo Kenyatta cité à comparaître devant la CPI

La Cour pénale internationale a ordonné au vice-Premier ministre Uhuru Kenyatta ainsi qu’à cinq autres hauts responsables kényans de se présenter à La Haye début avril. Ils sont soupçonnés d’avoir joué un rôle dans les violences postélectorales de fin 2007-début 2008.

Mis à jour le 9 mars 2011 à 10:26

Uhuru Kenyatta est « prêt à répondre » à la CPI. © Reuters

La Cour pénale internationale (CPI) est remontée jusqu’au gouvernement kényan. Suite à son enquête sur les violences postélectorales de fin 2007-début 2008, la juridiction de La Haye a cité à comparaître six hauts responsables suspectés de « crime contre l’humanité ».

Parmi les personnes qui reçoivent l’ordre « de se présenter à la Cour le 7 avril », le plus gros poisson est sans aucun doute Uhuru Kenyatta. Le fils du père-fondateur de la République kényane est actuellement vice-Premier ministre et ministre des Finances. En 2007, il s’était rallié à la candidature de Mwai Kibaki, dont l’élection à la présidence était fermement contestée par son rival, Raila Odinga.

Candidats potentiels à la présidentielle

Avec William Ruto, le ministre de l’Éducation supérieure actuellement suspendu, lui aussi cité à comparaître, ils sont pressentis comme de potentiels candidats à la prochaine présidentielle kényane. Ruto était un partisan de Raila Odinga.

La CPI a distingué deux affaires, chacune impliquant un camp particulier, avec trois personnes citées à comparaître. Francis Muthaura, Hussein Ali, Henry Kosgey et Joshua Arap Sang, sont aussi visés.


Une manifestation de soutien à Uhuru Kenyatta, le 16 décembre 2010 à Nairobi.
© AFP

Les six personnes avaient déjà été suspectées par le procureur de la CPI, Luis Moreno Ocampo, au mois de décembre. Selon l’accusation, les violences politico-ethniques ont fait 1 200 morts et 300 000 déplacés.

Après cette sortie médiatique de la CPI, qui avait connu un grand écho au Kenya, le Parlement avait appelé le gouvernement à se retirer du Statut de Rome, le fondement juridique de la CPI, au motif que « seuls des Africains des anciennes colonies sont jugés » par la Cour.

Mais Uhuru Kenyatta s’était alors déclaré « prêt à répondre à toutes les allégations faites contre [lui] ».