Politique

Côte d’Ivoire : le camp Gbagbo rejette les propositions du panel de l’UA

Pascal Affi N'Guessan et Jean Ping à Addis-Abeba, le 10 mars 2011. © AFP

Les émissaires de Laurent Gbagbo, Pascal Affi N'guessan et Alcide Djédjé, ont rejeté les propositions des membres du panel de l’UA pour résoudre la crise ivoirienne. Non rendues publiques pour l’instant, celles-ci réaffirment vraisemblablement la position de l’UA selon laquelle le président sortant doit quitter le pouvoir. Une reprise de la guerre civile paraît de plus en plus inévitable.

C’était attendu : les émissaires de Laurent Gbagbo à Addis-Abeba ont rejeté en bloc les propositions du panel de chef d’État de l’UA visant à résoudre la crise ivoirienne, en faisant clairement référence à une reprise de la guerre civile dans le pays.

« Nous avons estimé que c’est une proposition inacceptable », a déclaré le président du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N’Guessan, à l’issue de la consultation avec les membres du panel, qui n’a pas rendu publiques ses conclusions censées être « contraignantes » pour les parties.

"Fuite en avant"

« Malheureusement, nous avons constaté que le panel de haut-niveau s’est contenté de reprendre ce que nous savons déjà. Le panel est dans l’incapacité de nous donner les arguments qui fondent cette décision, a affirmé Affi N’guessan. […] Nous continuons la fuite en avant. Tout le monde s’appuie sur l’annonce du haut-représentant de l’ONU » en Côte d’Ivoire, Choi Young-Jin, qui a déclaré Ouattara vainqueur au second tour de la présidentielle du 28 novembre dernier.

« Mais si cet élément était faux ? S’il ne reflétait pas la réalité ? », a-t-il ajouté, sans apporter aucune preuve à ses dires. « Si cette initiative ne débouche pas sur des propositions pertinentes et irréfutables, suffisamment convaincantes, nous craignons que l’UA contribue en quelque sorte à parachever le coup d’État entamé en 2002, et qui s’est mué en coup d’État électoral à travers les dernières élections présidentielles », a poursuivi l’ancien Premier ministre ivoirien.

Ouattara silencieux

« Nous craignons qu’en accompagnant ce coup d’État là, l’Afrique, l’Union africaine ne contribue à aggraver la situation et être comptable d’une éventuelle guerre civile qui pourrait avoir lieu parce que la population n’aurait pas été convaincue de la pertinence de ce choix », a-t-il menacé. Oubliant fort opportunément la majorité d’Ivoiriens qui ont voté en faveur de Ouattara.

De son côté, ce dernier n’a fait aucun commentaire sur les propositions du panel de l’UA. Celui-ci doit désormais présenter ses conclusions au Conseil de paix et de sécurité (CSP) de l’organisation continentale, qui réunit 15 pays africains, dont six représentés jeudi par leur président. (Avec AFP)

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