Défense

Côte d’Ivoire : les combats s’étendent à Abidjan, Gbagbo promet de « grandes décisions »

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Une rue d’Abobo, un quartier d’Abidjan, le 13 mars 2011 en Côte d’Ivoire.

Une rue d'Abobo, un quartier d'Abidjan, le 13 mars 2011 en Côte d'Ivoire. © AFP

L’offensive lancée samedi par Laurent Gbagbo à Abobo semble se retourner contre lui. Les combats s’étendent désormais à deux quartiers jusque-là calmes : Yopougon et Adjamé. Le camp du président sortant promet de réagir.

À Abidjan, la peur a changé de camp. Les combats entre pro-Gbagbo et pro-Ouattara s’étendent. Les rebelles progressent et menacent le pouvoir de Laurent Gbagbo qui semble perturbé par son isolement croissant et la nouvelle donne sur le terrain de la crise ivoirienne. Selon la RTI, le camp présidentiel ne va pas tarder à réagir vigoureusement.

« Les généraux de Côte d’Ivoire sont allés réaffirmer [lundi] leur loyauté au chef de l’État », a indiqué une présentatrice alors que des combats à l’arme lourde ont touché lundi pour la première fois deux quartiers jusque-là préservés, Yopougon (ouest) et Adjamé (nord). « Dans quelques heures, les généraux seront reçus de nouveau par Laurent Gbagbo et de grandes décisions seront arrêtées », a ajouté la télévision nationale, sans plus de précision.

« Appel historique » de Blé Goudé

Une déclaration de Charles Blé Goudé, leader des « Jeunes patriotes », a également été diffusée. « Les Ivoiriens brûlent, brûlent d’envie de sauver leur pays. Nous sortons fraîchement d’une réunion et croyez-moi, dans les heures qui suivent, nous allons vous lancer un appel pressant », a-t-il assuré. « Préparez-vous parce que dans les heures qui arrivent, vous allez répondre à un appel historique, le dernier appel historique pour libérer la Côte d’Ivoire », a-t-il ajouté.

De fait, le camp présidentiel s’apprête déclencher une violente opération de survie. Jamais Abidjan n’avait connu des tels affrontements depuis le début de la crise postélectorale. Dans le quartier stratégique d’Adjamé (nord), des tirs sporadiques à l’arme légère avaient été entendus dans la journée. Mais vers 17 heures (locales et GMT), des tirs nourris d’armes lourdes ont éclaté dans le secteur de Williamsville, qui abrite deux importants camps militaires, dont le camp de gendarmerie d’Agban, le plus grand du pays.

Les forces pro-Gbagbo ont toutefois réussi à garder le contrôle de ces deux camps. « Nous contrôlons le camp CRS », a indiqué un policier sous couvert d’anonymat mardi matin ; ce qu’a confirmé une habitante. « Nous sommes en train de faire un ratissage dans les environs, a ajouté le policier. Mais les combats ont été très très durs. »

« Ils sont en train de tirer, les murs tremblent, on est tous enfermés dans la maison », avait confié une mère de famille, la gorge nouée lundi soir. Les parents se sont précipités dans les écoles pour aller chercher leurs enfants. Un mécanicien de retour du travail en début de soirée a raconté qu’il avait dû « passer entre les rebelles » pour regagner sa maison située dans le secteur. En début de soirée, les armes lourdes se sont progressivement tues. Des tirs de kalachnikov ont retenti jusqu’à environ 20h30.

Cocody aussi

Les insurgés favorables à Alassane Ouattara sont en grande partie maîtres de la zone nord d’Abidjan, dont le quartier voisin d’Abobo, au nord d’Adjamé. Au cours des derniers jours, ils ont progressé vers le sud d’Abobo, Adjamé mais aussi à la lisière du quartier de Cocody, menaçant de plus en plus le régime Gbagbo. Et au sud d’Adjamé se trouve le quartier du Plateau, abritant le palais présidentiel.

Dans la matinée de lundi, déjà, une attaque près de la résidence privée du général Philippe Mangou, chef d’état-major des forces pro-Gbagbo, avait eu lieu à Yopougon. Pour la première depuis le début de la crise dans ce bastion du président sortant, des tirs à l’arme lourde avaient été entendus. À Koumassi (sud), des tirs d’arme légère avaient également été signalés.

Dans ce contexte d’extrême tension, la vie à Abidjan, métropole de cinq millions d’habitants, s’est presque arrêtée au cours de la journée. La circulation automobile s’est très fortement réduite, seuls circulent encore quelques taxis et de très rares transports en commun. (Avec AFP)

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