Politique

Seif el-Islam prétend que la Libye a financé la campagne de Nicolas Sarkozy

Mis à jour le 16 mars 2011 à 17:47

Le président français n’est plus dans les bonnes grâces de la Libye depuis qu’il a reconnu les révolutionnaires et soutenu une intervention étrangère. Seif el-Islam Kadhafi le qualifie de « clown » et lui demande de « rendre l’argent » qu’il aurait perçu pour sa campagne de 2007.

Alors que les forces armées loyales à Mouammar Kadhafi gagnent du terrain sur les révolutionnaires en Libye, son fils, Seif el-Islam, a fait montre d’une confiance retrouvée lors d’une interview accordée à Euronews, mardi 15 mars.

Questionné sur les pays étrangers qui appelaient à une intervention armée en Libye, il a notamment fustigé le comportement de Nicolas Sarkozy, le président français. Il a été le premier à « soutenir » l’opposition libyenne, en reconnaissant la légitimité du Conseil national de transition et en réclamant des sanctions contre le régime. Sarkozy a aussi soutenu l’idée d’une résolution de l’ONU en faveur d’une zone d’exclusion aérienne en Libye.

« Nos forces sont presque à Benghazi. Quelle que soit la décision, ce sera trop tard », a-t-il affirmé hier, assurant que « dans quarante-huit heures, tout sera fini ».

Sarkozy "nous a déçus"

« Tout d’abord, il faut que Sarkozy rende l’argent qu’il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale », a lancé Seif el-Islam. « C’est nous qui avons financé sa campagne, et nous en avons la preuve. Nous sommes prêts à tout révéler. La première chose que l’on demande à ce clown, c’est de rendre l’argent au peuple libyen. Nous lui avons accordé une aide afin qu’il œuvre pour le peuple libyen, mais il nous a déçus. » Avant de promettre : « Nous avons tous les détails, les comptes bancaires, les documents, et les opérations de transfert. Nous révélerons tout prochainement. »

Déjà, il y a peu, l’agence officielle libyenne Jana avait promis de rendre public un « grave secret », affirmant que cette révélation entraînerait la chute du président français.

Mouammar Kadhafi s’en était lui aussi pris au président français plus tôt dans la journée, estimant qu’il était « devenu fou », et qu’il souffrait « d’une maladie psychique ».

Interrogée par l’AFP, la présidence française a démenti l’existence d’un financement de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007 par la Libye. (avec AFP)