Diplomatie

Côte d’Ivoire : les « rebelles » repoussés à Duékoué, guérilla urbaine à Abidjan

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Barricades dans le quartier d’Abobo, dans le nord d’Abidjan, le 15 mars 2011.

Barricades dans le quartier d'Abobo, dans le nord d'Abidjan, le 15 mars 2011. © AFP

Les troupes qui ont attaqué la ville de Duékoué mercredi ont été repoussées, selon le camp Gbagbo. Les Forces nouvelles (pro-Ouattara) nient cependant toute responsabilité dans cette attaque ainsi que dans la guérilla urbaine menée par le « commando invisible » à Abidjan.

Mercredi en fin d’après-midi, Duékoué restait aux mains des forces fidèles au président sortant Laurent Gbagbo. Cette ville stratégique de l’Ouest de la Côte d’Ivoire avait été attaquée par « un groupe de rebelles », selon une source militaire du camp Gbagbo qui a tenu à conserver l’anonymat.

Des tirs d’armes lourdes avaient été entendus dès l’aube par les habitants. « Ils ont attaqué avec des armes lourdes, des lance-roquettes mais la situation est calme en ce moment », a précisé la source militaire pro-Gbagbo, qui accuse les Forces nouvelles (FN), l’ex-rébellion alliée au président élu Alassane Dramane Ouattara.

Depuis la mi-février, les FN ont pris plusieurs villes de l’Ouest ivoirien qui étaient jusque-là contrôlées par les forces armées fidèles à Laurent Gbagbo. Mais les FN ont cette fois assuré ne pas être « concernées » par l’attaque de Duékoué, située sur un carrefour entre des routes menant au Liberia, à la capitale Yamoussoukro, ou encore au port de San Pedro.

La « bataille d’Abidjan »

La ville d’Abidjan s’enfonce quant à elle dans une guérilla urbaine extrêmement dangereuse pour les cinq millions de civils qui y vivent. Des groupes d’insurgés harcèlent les Forces de défense et de sécurité (FDS, pro-Gbagbo) qui répliquent parfois à l’arme lourde. « Comment peut-on tirer des obus de mortier 81 et 82 mm, des roquettes de RPG7 et à la mitrailleuse 12,7 mm pour, dit-on, combattre des rebelles au sein d’une population civile ? », s’est insurgé mardi soir Alassane Ouattara.

Mobile, déterminé, et lui aussi équipé d’armes lourdes (des lance-roquettes notamment), le « commando invisible » s’infiltre dans la population et continue leur guérilla. Les FN assurent ne pas être responsables de ces attaques, mais certains de ses membres auraient rejoint les rangs des combattants.

Depuis leur bastion d’Abobo, situé au nord de la capitale économique ivoirienne, les insurgés progressent en direction de Cocody ou du Plateau, où se trouvent le centre du pouvoir ivoirien, dont la RTI, la télévision publique toujours contrôlée par Laurent Gbagbo.

Stratégie d’infiltration

« La stratégie choisie est l’infiltration, l’envahissement progressif d’Abidjan », commente un expert international de la crise ivoirienne sous couvert d’anonymat. « Il faut qu’ils aillent vite. Mais en cas de victoire, comment intégrer ces gens ? Il y a une force politique [celle de M. Ouattara, NDLR], mais sans unité combattante et qui a été obligée de s’allier avec une force militaire », ajoute-t-il.

Selon certaines informations, les FDS auraient commencé à enregistrer des défections parmi les 55 000 hommes dont elles disposent en théorie. « La majorité des militaires ne sont pas prêts à combattre », a ainsi affirmé le chef de la force onusienne, Onuci, Choi Young-jin.

Toujours plus isolé sur le plan diplomatique, Laurent Gbagbo n’a jamais été dans une position aussi délicate depuis le début de la crise postélectorale, même s’il s’est récemment à nouveau assuré de la fidélité de ses généraux.

Du coup, il pourrait être tenté de mobiliser les milliers de « Jeune patriotes », ses plus fervents partisans. « Les Ivoiriens brûlent, brûlent d’envie de sauver leur pays », a déclaré lundi leur leader, le ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé. « Préparez-vous parce que dans les heures qui arrivent, vous allez répondre à un appel historique, le dernier appel historique pour libérer la Côte d’Ivoire », avait-il ajouté. Un appel qui n’est pas encore venu. (Avec AFP)

 

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