Politique

Hillary Clinton demande aux Tunisiens de ne pas décevoir les espoirs nés de la révolution

La secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a fait escale à Tunis, au cours de sa tournée en Afrique du Nord. Si sa visite n’a pas été bien appréciée par tous, elle a réaffirmé la nécessité pour la Tunisie et l’Égypte de devenir des « modèles du type de démocratie » que Washington souhaite voir émerger.

Mis à jour le 17 mars 2011 à 17:31

Hillary Clinton rencontre à Tunis le président tunisien par interim Fouad Mebazaa, le 17 mars. © AFP

Hillary Clinton a poursuivi sa tournée en Afrique du Nord avec une escale en Tunisie. Arrivée tard mercredi soir du Caire, Mme Clinton a rencontré jeudi 17 mars le président par intérim, Fouad Mebazaa, et devrait aussi s’entretenir avec le ministre des Affaires étrangères Mouled Kefi et le Premier ministre Béji Caïd Essebsi.

La secrétaire d’État américaine a estimé que la Tunisie était « l’épicentre » des révoltes du monde arabe. « Cette révolution a suscité tellement d’espoirs, nous devons maintenant les transformer en résultats, et cela passera par une réforme économique et une réforme politique », a-t-elle déclaré.

Délégation américaine

Hillary Clinton a promis une aide internationale au nouveau gouvernement. « Je vais envoyer une délégation des États-Unis, car nous voulons savoir ce que veut la Tunisie », a-t-elle promis. « Nous ne voulons pas venir et dire "Voilà ce que pensent les États-Unis !" », a-t-elle insisté en annonçant la tenue « dans quelques mois [d’] une conférence de pays donateurs ».

Au Caire, avant de partir pour Tunis, elle avait souligné que, pour Washington, il était essentiel que l’Égypte et la Tunisie, les pays frontaliers de la Libye (est et ouest), « soient les modèles du type de démocratie que nous souhaitons voir ». C’est « un enjeu énorme », avait-elle insisté.

Hillary Clinton devait en outre rendre visite au Croissant-Rouge tunisien, auquel elle a offert du matériel, et qui est mobilisé par la crise humanitaire provoquée l’afflux de dizaines de milliers de réfugiés qui fuient la situation chaotique en Libye.

"La Tunisie n’a besoin de personne"

Mais cette première visite officielle de la chef de la diplomatie américaine de l’ère post-Ben Ali n’a pas été appréciée par tous les Tunisiens. Quelques centaines de manifestants se sont rassemblées à Tunis sans incident pour marquer leur opposition.

« Les Tunisiens ont fait leur révolution par leurs propres moyens, ils sont capables de construire leur nouvelle Tunisie sans l’intervention de personne », a rappelé Radhia Nasraoui, avocate et militante des droits de l’homme.

Avant de quitter Tunis, Hillary Clinton doit s’exprimer jeudi soir sur la chaîne de télévision privée Nessma TV à 21 heures locales selon la chaîne avec la participation du public. (Avec AFP)