Politique

Présidentielle béninoise : Houngbédji s’apprête à contester les résultats du scrutin

Le camp du candidat de l’Union fait la nation (UN, opposition), Adrien Houngbédji, dénonce des fraudes lors du premier tour de l’élection présidentielle béninoise. Un climat délétère s’installe dans le pays, alors que le président sortant Boni Yayi revendique déjà la victoire. Avant même que les résultats ne soient proclamés.

Par
Mis à jour le 17 mars 2011 à 20:08

Adrien Houngbédji contestera le scrutin si Yayi Boni l’emporte au premier tour. © AFP / montage J.A.

Mis à jour le 18/03 à 17h45.

La confusion règne au Bénin, alors que la proclamation des résultats de l’élection présidentielle par la Commission électorale nationale autonome (Cena) devrait être connue vendredi 18 mars.

Le camp du président sortant, Boni Yayi est sûr de sa victoire dès le premier tour. Le porte-parole du candidat, Marcel de Souza, avait déclaré le 16 mars que Yayi arrivait en tête avec « plus de 55 % des voix », après un calcul basé sur 80 % des suffrages exprimés. Le camp présidentiel parle désormais de 54 %.

De son côté, l’opposition emmenée par le candidat de l’Union pour la nation (UN),  Adrien Houngbédji, dénonce des fraudes et s’apprête à contester les résultats, en cas de victoire de Boni Yayi dès le premier tour. Candidat à la présidentielle pour la quatrième fois, Adrien Houngbédji revendique la première place avec 47 % des suffrages. « Je suis en tête et nous n’accepterons pas d’être volés », a-t-il déclaré à jeuneafrique.com.

Cantines sans scellés

Ces vives tensions interviennent dans un climat déjà très mouvementé. Le vote avait été reporté à deux reprises pour permettre la finalisation de liste électorale, nouvellement informatisée, et comptant 3,5 millions d’inscrits. L’opposition dénonçait l’omission de 700 000 électeurs non inscrits, et un nombre conséquent de cartes non distribuées. Les deux jours précédant l’élection, une opération de repêchage avait permis de récupérer 80 000 électeurs. Et le scrutin lui-même a été marqué par de nombreux dysfonctionnements, même si les observateurs internationaux ont exprimé leur satisfaction globale sur le déroulement du vote.

Mercredi, des militants de l’UN faisaient un sit-in devant la Cena à Cotounou pour réclamer le rejet des votes dans une région du Nord. Les cantines transportant les résultats du scrutin de la région du Borgou, dans le nord du pays, vers la Cena n’auraient pas été scellées.

« Nous exigeons de la Cena des explications claires en ce qui concerne ces faits. Il va falloir qu’elle donne un traitement conséquent à notre requête sinon nous ne quitterons pas ces lieux », a déclaré à l’AFP Luc Vodouhè, responsable de la communication de l’UN.

La Cena dément

Selon le code électoral, toutes les cantines contenant les procès-verbaux de dépouillement doivent être sous scellés, des bureaux électoraux jusqu’aux locaux de la Cena, seul organe habilité à les ouvrir, et en présence de tous ses membres.

Très ferme, la Cena s’est empressée de contredire les propos du camp de Houngbédji. « Ces allégations sont totalement fausses et elles ne sont fondées sur aucun fait réel. Les cantines dont il est question, ne sont même pas encore déchargées des camions, comment ont-ils fait pour savoir qu’elles ne sont pas scellées ? C’est un faux problème », a affirmé Honorat Adjovi, porte-parole de la Cena.

Un peu plus de 3,5 millions d’électeurs ont été appelés aux urnes dimanche pour départager 14 candidats parmi lesquels l’actuel président, dont le mandat s’achève le 6 avril. (Avec AFP)