Diplomatie

Côte d’Ivoire : les forces pro-Gbagbo commettent un massacre à Abobo

Un homme tué par balles à Abidjan, le 15 mars 2011. © AFP

Les forces du président sortant Laurent Gbagbo ont encore frappé le quartier d'Abobo à Abidjan. Mais cette fois, ce ne sont pas des maisons individuelles qui ont été prises pour cible mais un marché rempli de monde. Bilan : "entre 25 et 30 personnes tuées", selon l'ONU.

Abobo (nord d’Abidjan) n’a pas fini de subir la rivalité Gbagbo-Ouattara au sommet de l’État. Le quartier le plus peuplé d’Abidjan, favorable au président élu Alassane Ouattara, est le théâtre d’affrontements de plus en plus violents. Hier, des obus tirés par des membres des Forces de défense et de sécurité (FDS) favorables au président sortant sont tombés sur un marché bondé de monde.

L’équipe envoyée sur place par la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire (Onuci) « a pu observer que les forces armées du camp du président Laurent Gbagbo ont tiré au moins six projectiles sur le marché et ses environs », a déclaré Hamadoun Touré, le porte-parole de la mission onusienne. Une attaque à l’arme lourde qui a causé « la mort de 25 à 30 personnes » et fait « entre 40 et 60 blessés », a-t-il ajouté, alors que des témoins avaient dans un premier temps fait état d’au moins douze morts.

L’Onuci pourrait intervenir

« Nous condamnons les attaques avec des obus sur des zones avec des civils […] à Abobo, à Abidjan hier », a réagi le porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU vendredi, lors d’un point presse. Il a souligné qu’ « il est difficile » de ne pas arriver à la « conclusion qu’il s’agit de crimes […], possiblement d’un crime contre l’humanité ».

L’Onuci a quant à elle exprimé « son indignation devant de telles atrocités contre des civils innocents. Les auteurs de ces exactions […] ne sauraient rester impunis », ajoute le porte-parole. Forte de ses 10 000 hommes, la mission onusienne « se réserve le droit de prendre des mesures appropriées pour prévenir, à l’avenir, de tels actes inacceptables, conformément à son mandat de protection des populations civiles », a précisé le porte-parole, sans plus de précision. Cela signifie-t-il que l’Onuci pourrait intervenir militairement ? N’est-ce pas là le piège de l’engrenage que lui tendent les FDS, dont le moral est miné par l’isolement diplomatique de leur chef et par de nombreuses défections en leur sein ?

Sur le terrain, la situation reste explosive et les combats menacent de se répandre à tous les quartiers d’Abidjan. Des tirs, notamment à l’arme lourde, ont été entendus jeudi dans le quartier d’Adjamé, qui abrite deux importants camps militaires sur la route du Plateau, quartier administratif où se trouve le palais présidentiel de M. Gbagbo. À la frontière de ces deux quartiers, une attaque a été repoussée au ministère de la Défense, a rapporté la Radio Télévision ivoirienne (RTI). Mais des combats ont également retenti dans le quartier résidentiel de Cocody, où se trouve le siège de la RTI. (Avec AFP)

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