Défense

Côte d’Ivoire : l’Onuci tentée d’utiliser la force pour enrayer la guerre civile

Des Abidjanais fuient la capitale ivoirienne en bus devant les violences, le 19 mars 2011. © AFP

Alors que la guerre civile menace la Côte d'Ivoire, l'Onuci est tentée de répondre à l'appel du président élu Alassane Ouattara et de se départir de sa neutralité dans la crise postélectorale. Mais le camp du président sortant Laurent Gbagbo compte sur l'implication des Casques bleus dans les combats pour provoquer un sursaut favorable à son régime.

L’ONU, qui a pour mission de garantir la sécurité des civils et l’intégrité du processus électoral ivoirien, sera-t-elle amenée à intervenir militairement dans la guerre civile naissante en Côte d’Ivoire ? La question est d’autant plus d’actualité que ses convois sont régulièrement la cible d’attaques menées par des partisans du président sortant Laurent Gbagbo et que, désormais, le camp d’Alassane Ouattara réclame ouvertement cette option.

« L’ONU doit passer à l’action pour libérer la Côte d’Ivoire et donner un sens à la certification [par l’ONU] de l’élection [présidentielle]. Le président Ouattara ne peut pas gouverner, il faut lui donner les moyens de gouverner », a plaidé la porte-parole de ce dernier. Anne Ouloto affirme que « Laurent Gbagbo est en train de tendre un piège au président Ouattara, c’est celui de la guerre civile. Mais le président Ouattara ne veut pas tomber dans ce piège ».

Populations en danger

Comptant quelque 10 000 hommes, l’Onuci « a les capacités logistiques et humaines pour protéger les civils. Nous demandons à l’ONU de faire vite, les populations sont en danger. Il faut qu’elle sache prendre ses responsabilités », ajoute Anne Ouloto, qui a sans doute bien reçu le message envoyé samedi par le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé. Celui-ci avait estimé que l’Onuci « devrait jouer son rôle plus efficacement », allant jusqu’à rappeler que son mandat « permet d’utiliser la force ». Le contexte s’y prêterait : les affrontements se multiplient dans le pays – la crise postélectorale a déjà fait près de 440 morts, selon l’ONU – et les civils sont souvent pris à partie par le camp présidentiel.

Mais depuis quelques jours, le camp Ouattara a un argument supplémentaire. « On ne peut pas comprendre que la communauté internationale se soit mobilisée pour la Libye et qu’elle ne puisse pas prendre des décision ferme sur la Côte d’Ivoire. Et il faut le faire immédiatement, c’est une question de vie ou de mort », insiste Anne Ouloto, qui dénonce également l’appel lancé par Charles Blé Goudé à la jeunesse pour qu’elle s’engage dans l’armée pro-Gbagbo « afin de libérer la Côte d’Ivoire [des] bandits ».

Pour la porte-parole de Ouattara, « c’est un signe que Laurent Gbagbo est aux abois. Il lance des appels de détresse, c’est la preuve que l’armée l’a lâché, que l’armée se désolidarise de ses actes de barbarie. Il est obligé de se rabattre sur une jeunesse désœuvrée et désemparée ». Expliquant que « armer des jeunes est suicidaire, c’est conduire les jeunes à l’abattoir », elle préfère appeler de son côté « les jeunes à la mobilisation contre la guerre civile ». (Avec AFP)

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