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Mauvaise passe financière pour l’Union africaine ?

| Par Jeune Afrique
Le président de la Commission de l'UA.

Le président de la Commission de l'UA. © Reuters

Les évènements en Afrique du Nord et la chute possible du régime de Kadhafi, le premier bailleur de l’UA, pourraient mettre à jour les difficultés financières de l’institution panafricaine. Les solutions proposées jusqu’à présent n’ont pas eu beaucoup de succès.

L’aveu (calculé) de Jean Ping a fait l’effet d’une douche froide. À Addis-Abeba, où se déroule la quatrième rencontre des ministres de l’Économie et des Finances de l’UA, les 28 et 29 mars 2011, le président de la Commission de l’Union africaine (UA) a fait état de probables difficultés financières pour l’UA. « La situation en Afrique du Nord pourrait mettre en difficulté nos activités budgétaires. Il faut sécuriser nos ressources et les rendre pérennes », a lancé Jean Ping. Sur ce terrain, il a d’ailleurs trouvé un allié de poids en la personne du président de la Banque africaine de développement (BAD), Donald Kaberuka.

L’objectif de leur message commun est simple : mobiliser le parterre de ministres présents dans l’enceinte du centre de conférence de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) des Nations unies, où se déroule le sommet, car ce sont eux qui peuvent débloquer des fonds pour financer l’UA.

La Libye en tête des bailleurs de fonds africains

Aujourd’hui, a confessé Jean Ping, cinq pays d’Afrique alimentent 75 % de la contribution des pays du continent au budget de l’institution panafricaine, qui dépasse les 250 millions de dollars (environ 117 millions d’euros). L’Algérie, l’Égypte, le Nigeria, l’Afrique du Sud et la Libye sont ainsi les principaux bailleurs de fonds. Et Tripoli arrive en tête avec 15 % du financement de l’UA.

Autre sujet de crispation : les pays africains ne financent qu’environ 23 % du budget de l’institution. « Plus de 77 % de nos ressources viennent de nos partenaires étrangers, a dit Jean Ping. Et la main qui donne est toujours au-dessus de la main qui reçoit », a-t-il insisté. L’Europe a par exemple débloqué 55 millions d’euros sur plusieurs années pour le budget de l’UA.

« Aux ministres de décider »

Mais il n’est pas sûr que les ministres des Finances africains, piqués au vif, soit partis d’Addis-Abeba en signant un chèque pour renflouer l’UA. « Ce n’est pas normal que l’UA tire ses ressources de seulement cinq pays, a confié Jean Ping en marge de la conférence. C’est aux ministres des Finances de décider. Nous leur avons fait toutes les propositions possibles pour trouver une source de financement pérenne : taxes sur les importations, le tourisme, les billets d’avions… Cela n’a rien donné. »

Le président de la Commission de l’UA se désole des conséquences d’une telle situation qui fait de l’UA « la seule institution panafricaine à ne pas avoir de ressources pérennes. Nous n’avons pas la liberté d’action que nous souhaitons ». La fin de Kadhafi pourrait-elle amplifier les difficultés de l’UA ? « Cela fait deux ans que la Libye ne paie plus et on survit. La maison ne va pas s’écrouler », relativise Jean Ping.
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Jean-Michel Meyer, envoyé spécial à Addis-Abeba

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