Défense

Burkina Faso : la mutinerie se poursuit dans l’est du pays

| Par Jeune Afrique
Soldats burkinabè en parade à Bobo Dioulasso, le 11 décembre 2010.

Soldats burkinabè en parade à Bobo Dioulasso, le 11 décembre 2010. © AFP

Des militaires burkinabè en colère ont tiré mardi 29 mars une roquette sur le palais de justice Fada N’Gourma, localité de l’est du pays. La veille, ils avaient déjà bloqué l’entrée de la ville pour protester contre l’emprisonnement de l’un des leurs, accusé de viol. Retour sur les événements de cette journée de rébellion.

L’armée burkinabè est-elle devenue incontrôlable ? Une semaine après les émeutes de soldats à Ouagadougou, les militaires ont de nouveau laissé éclater leur colère. Lundi matin, des soldats ont tiré des coups de feu en l’air avant de bloquer l’entrée de la ville de Fada N’Gourma dans l’est du Burkina Faso. Ils sont revenus à la charge mardi en lançant une roquette contre le palais de justice.
 
Tout commence lundi matin. « Ils ont bloqué l’entrée ouest avec un tank », rapportait à Reuters un habitant, qui souhaite rester anonyme. « Ils disent qu’ils attendent une délégation de Ouagadougou, et que si ce n’est pas un général, ils ne discuteront pas avec lui. »
 
Des mutins au sein de la garde présidentielle ?
 
D’après Radio France Internationale (RFI), les mutins sont ensuite partis chercher des renforts à Tenkodogo, une ville située à plus 125 km en milieu d’après-midi. Ils sont revenus lourdement armés à bord d’un véhicule pick-up sans être inquiétés. « Dans chaque localité traversée comme à Koupéla, ils ont encore effectué des tirs et se sont servis en carburant dans les stations-service », selon des témoins cités par RFI.
 
Ces derniers affirment avoir repéré parmi les mutins des éléments du régiment de sécurité présidentielle et un détachement de gendarmes. Dans un communiqué lundi soir, à la radio et à la télévision nationale, les autorités burkinabè ont quant à elles  parlé d’une cinquantaine de militaires appartenant au 32e régiment d’infanterie commando.

Cette mutinerie rappelle les incidents de la semaine précédente, impliquant des soldats à Ouagadougou. Dans la nuit de mardi à mercredi dernier, des coups de feu ont été entendus pendant près de cinq heures dans la capitale. Les militaires protestaient contre la condamnation « jugée trop dure » de cinq soldats dans des affaires de mœurs. Les condamnés avaient finalement été libérés.
 
Cette fois encore, les militaires contestent une décision de justice. Dans une déclaration à RFI, le colonel Moussa Cissé, porte-parole du ministre de la Défense expliquait que les militaires « sont allés libérer à la prison de Fada N’Gourma l’un des leurs qui a été enfermé pour viol sur une fillette de 14 ans ». Cissé a assuré que le ministre de la Défense a « d’ores et déjà pris des dispositions pour mettre fin à ces agissements répréhensibles ».
 
La mutinerie s’est pourtant poursuivie mardi matin dans la ville Fada N’Gourma. Un haut responsable local a indiqué que, comme lundi, les soldats ont d’abord effectué des tirs en l’air tôt dans la matinée.
 
"Comme les rebelles en Côte d’Ivoire"
 
« Les militaires ont tiré ce [mardi] matin une roquette sur le palais de justice. Ça a fait un gros trou sur le bâtiment », a raconté Idrissa Kouladida, joint depuis Ouagadougou.  Arrivés à bord de deux pick-up, les mutins « sont allés au palais de justice regarder, il n’y avait personne. Ils nous ont dit de reculer, sont allés au commissariat qui est à côté du palais, et ils ont lancé la roquette sur le palais ». D’après lui, aucun blessé n’est à déplorer.
 
Un autre habitant de la ville raconte que les militaires avaient leurs bérets retournés sur la tête et que d’autres portaient des casques ou des chapeaux « comme les rebelles en Côte d’Ivoire qu’on voit à la télé ».

Enfin, les entrées ouest de la ville, en direction de Ouagadougou-Fada et Fada-Niamey, menant vers le Niger à l’est, étaient toujours bloquées mardi, selon le journaliste local, Issaka Ouédraogo. (avec AFP)

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