Politique

Côte d’Ivoire : combats à l’arme lourde près de Yamoussoukro

Les forces favorables à Alassane Ouattara sont aux portes de Yamoussoukro, dans le centre du pays. Selon des habitants, des combats à l’arme lourde ont eu lieu à Tiébissou, ville située à une quarantaine de kilomètres de la capitale politique ivoirienne.

Mis à jour le 30 mars 2011 à 11:20

Des combattants pro-Ouattara, le 28 mars 2011 à Bloléquin, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. © AFP

Les « Forces républicaines de Côte d’Ivoire» (FRCI) ont semble-t-il ouvert un nouveau front contre l’armée fidèle au président ivoirien sortant Laurent Gbagbo.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les habitants de Tiébissou ont été réveillés par des tirs à l’arme lourde. « Depuis 2 heures [locales et GMT], les combats ont lieu à l’arme lourde, nous sommes cachés dans nos maisons, a témoigné un habitant. On a entendu les premières détonations à la sortie nord vers Bouaké. »

« Actuellement, les combats on lieu au centre-ville », a ajouté un autre habitant.

Voir la carte des combats en Côte d’Ivoire



Tiébissou, ville stratégique

La ville de Bouaké est le fief de l’ancienne rébellion des Forces nouvelles (FN), qui composent aujourd’hui l’essentiel des FRCI, favorables à Alassane Dramane Ouattara.

Jusque-là tenue par les Forces de défense et de sécurité (FDS, pro-Gbagbo), la ville de Tiébissou est située à égale distance entre Bouaké et Yamoussoukro, la capitale politique ivoirienne, elle aussi aux mains des FDS.

Le pouvoir reste toutefois concentré dans la capitale économique, Abidjan, où se trouvent le président sortant Laurent Gbagbo et celui reconnu par la communauté internationale Alassane Ouattara, dans son « bunker » de Golf Hôtel.

Mais d’autres forces favorables à ce dernier se trouvent encore plus près d’Abidjan sur le front Est, puisqu’ils ont pris la ville d’Abengourou, située à environ 220 km de la capitale économique.

Les forces d’Alassane Ouattara mènent également une double offensive dans l’ouest, prenant les villes de Duékoué et Daloa

Confronté à cette avancée, le camp Gbagbo, affirme avoir procédé à un « repli tactique », et appelle à « un cessez-le-feu immédiat et à l’ouverture du dialogue sous la médiation du Haut représentant de l’Union africaine », par la voix du porte-parole de leur gouvernement, Ahoua Don Mello.

En déclarant que « toutes les voies pacifiques pour amener Laurent Gbagbo à reconnaître sa défaite sont épuisées », Alassane Ouattara lui avait déjà répondu. (avec AFP)