Politique

Côte d’Ivoire : quatre ressortissants étrangers enlevés au Novotel d’Abidjan

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Mis à jour le 5 avril 2011 à 12:32

Des « éléments armés » de Laurent Gbagbo ont fait une descente à  l’hôtel Novotel d’Abidjan lundi. Ils sont repartis avec quatre ressortissants étrangers, dont un Béninois, deux Français et un Malaisien.

Quelques heures avant le bombardement de camps militaires par l’ONU et la force française Licorne, deux Français, un Béninois et un Malaisien ont été enlevés lundi à l’hôtel Novotel d’Abidjan.

Selon une source diplomatique, « entre six et sept éléments armés » se sont introduits dans l’hôtel, situé à moins de 500 mètres du palais présidentiel, dans un quartier contrôlé par les troupes du président sortant Laurent Gbagbo.

« Nous confirmons l’enlèvement par des hommes en armes de plusieurs personnes, dont deux ressortissants français, à l’hôtel Novotel d’Abidjan cet après-midi », a déclaré Bernard Valero, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. « Nous sommes mobilisés et notre ambassade met tout en œuvre sur place pour retrouver ces personnes kidnappées. »

Le président du conseil d’administration de Sifca parmi les kidnappés

Les Français enlevés sont le directeur de l’hôtel et le président du conseil d’administration du groupe agro-industriel ivoirien Sifca, Yves Lambelin. Il venait de donner une interview à la chaîne de télévision française TF1, sur la terrasse de l’hôtel.

Peu de détails ont été fournis sur l’enlèvement du ressortissant béninois. Il a seulement été confirmé à Cotonou par le ministre des Affaires étrangères du Bénin, Jean-Marie Ehuzu. La résidence de l’ambassadeur du Bénin à Abidjan a été cambriolée et mise à sac en l’absence de son occupant qui se trouve à Cotonou.
Depuis dimanche, pour protéger les expatriés, les forces françaises ont commencé à regrouper les ressortissants étrangers en trois points à Abidjan et envoyé 150 soldats supplémentaires.

Le camp Gbagbo a dénoncé la force Licorne comme une « armée d’occupation » et l’a accusée de « tentative d’assassinat ». Mais les forces armées fidèles au président sortant se veulent rassurantes. Hier, sur la télévision d’État elles avaient pourtant affirmé que « la sécurité des Français vivant en Côte d’Ivoire » était assurée malgré les combats et le soutien de la France à Alassane Ouattara.

« Le gouvernement ivoirien de Laurent Gbagbo rassure la communauté internationale qu’en dépit de manœuvres de la France tendant à semer la mort en Côte d’Ivoire, les Forces de défense et de sécurité [FDS] assurent la sécurité des ressortissants français en Côte d’Ivoire », pouvait-on lire sur un bandeau déroulant. (Avec AFP)