Politique

L’Afrique du Sud exprime ses réserves sur les frappes aériennes en Côte d’Ivoire

Arrivée de soldats français, le 3 avril 2011, à l'aéroport d'Abidjan. © AFP

L’Afrique du Sud, qui avait voté la dernière résolution du Conseil de sécurité des Nations unies en Côte d’Ivoire, a estimé mardi qu’elle n’avait "pas avoir donné de mandat à quiconque pour un bombardement aérien". L’Onuci et la force française Licorne ont attaqué lundi soir les "armes lourdes" aux mains du camp Gbagbo dans différents endroits d’Abidjan, dont le palais et la résidence présidentiels.

Les frappes aériennes de l’Onuci et de la Licorne contre les forces du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo ne font pas l’unanimité.

Mardi, l’Afrique du Sud a pris ses distances avec l’intervention de la mission des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) et de la force française Licorne lundi soir à Abidjan. Leurs hélicoptères ont mené des raids en divers endroits de la capitale économique ivoirienne, notamment sur les camps d’Akouédo et contre les « armes lourdes » positionnées près de la résidence et du palais présidentiels. Selon les Nations unies, plusieurs blindés et lance-roquettes « orgues de Staline » ont été détruits.

Pas de mandat pour un bombardement aérien

« Je ne me rappelle pas avoir donné un mandat à quiconque pour un bombardement aérien sur la Côte d’Ivoire, a déclaré la ministre des Affaires étrangères Maite Nkoana-Mashabane lors d’un point-presse à Pretoria. Nous ne soutenons pas nécessairement ce que nous n’avons pas voté. »

L’Afrique du Sud, membre (temporaire) du Conseil de sécurité des Nations unies, avait voté pour la résolution 1975 sur la Côte d’Ivoire, adoptée le 30 mars.

Celle-ci rappelait notamment l’autorisation donnée à l’Onuci d’utiliser « tous les moyens nécessaires pour s’acquitter de la tâche qui lui incombe de protéger les civils menacés d’actes de violence physique imminente, dans la limite de ses capacités et dans ses zones de déploiement, y compris pour empêcher l’utilisation d’armes lourdes contre la population civile ».

Ce paragraphe ne mentionne pas explicitement la force française Licorne, même si les « forces françaises » qui soutiennent l’Onuci sont évoquées dans le texte de la résolution.

Pretoria veut encore croire en une "solution pacifique"

Les Nations unies et la France affirment avoir agi pour « neutraliser les armes lourdes utilisées contre les populations civiles » et les forces de l’Onuci.

Selon des responsables de l’ONU, les frappes de la Licorne sont intervenues après des demandes « urgentes » en ce sens du secrétaire général Ban Ki-moon au président français Nicolas Sarkozy.

Mais Pretoria s’est dit « très inquiète de la détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire en Côte d’Ivoire », a précisé la ministre, appelant la Communauté économique des États de l’Afrique du l’Ouest (Cedeao), l’Union africaine (UA) et l’ONU à « persévérer dans leur quête d’une solution pacifique ». (avec AFP)

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