Politique

Ouattara appelle les Ivoiriens à la réconciliation et organise le blocus de Gbagbo

Mis à jour le 8 avril 2011 à 10:15

Dans son premier discours depuis la dégradation de la crise ivoirienne en guerre ouverte, le président élu Alassane Ouattara a appelé les Ivoiriens à la réconciliation nationale et dit avoir pris toutes les dispositions pour un rétablissement rapide des services de base à Abidjan. Il affirme avoir mis en place un blocus autour de la résidence présidentielle où serait toujours retranché Laurent Gbagbo et ses derniers fidèles.

De la « république du Golf » au « régime résidentiel » de Gbagbo ? Alors que le président ivoirien sortant refuse toujours de se rendre, Alassane Ouattara envisage, au moins à court terme, une organisation d’Abidjan qui rappelle celle que lui a fait subir son rival quatre mois durant.

À défaut de pouvoir chasser Laurent Gbagbo et son dernier carré de fidèles, le président ivoirien élu a décidé mettre en place un « blocus » autour de sa résidence de Cocody.

Car, dans son discours à la nation de jeudi soir (le premier depuis que les combats de grande ampleur se sont étendus à Abidjan) Alassane Ouattara a mis en avant d’autres priorités : la réconciliation nationale, le rétablissement des services et de l’activité économique de base à Abidjan, ainsi que la justice pour les victimes de massacres.

Abidjan est en effet confrontée à l’urgence humanitaire : la ville est livrée aux pillages, les corps des victimes jonchent les rues tandis que le système de santé s’est effondré, la nourriture manque, et que l’eau et l’électricité sont souvent coupées.

Ultimes ralliements ?

Le président ivoirien élu affirme avoir parlé jeudi matin « avec le général Kassaraté, commandant supérieur de la gendarmerie nationale et le général Brindou, directeur général de la police nationale », deux responsables encore dans le camp Gbagbo il y a peu. « Je leur ai demandé de prendre toutes les dispositions, en collaboration avec les forces impartiales, pour assurer le maintien de l’ordre et la sécurité », a affirmé Alassane Ouattara.

Il a par ailleurs affirmé avoir pris des dispositions pour le rétablissement des réseaux d’eau, d’électricité, des hôpitaux, de la distribution et des banques. Le couvre-feu doit également être allégé à partir de ce vendredi.

La Côte d’Ivoire "une et indivisible"

Comme pour répondre à l’accusation de plusieurs ONG ainsi que l’ONU de massacres commis par des éléments de ses troupes (notamment dans l’ouest à Duékoué), il a en outre souhaité donner « l’assurance que la lumière sera faite sur tous les massacres et tous les crimes ». Leurs « auteurs […] seront lourdement sanctionnés », a-t-il affirmé, en collaboration avec « les juridictions internationales et les organisations des droits de l’homme ». Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé avait affirmé ces derniers jours que Paris lui avait demandé d’appeler à la réconciliation nationale.

Alassane Ouattara a conclu son discours par un vibrant hommage à « la Côte d’Ivoire une et indivisible » qui « appartient à tous ses fils et toutes ses filles ».

« Chers frères et soeurs, du Sud, du Nord, de l’Est, de l’Ouest, du Centre, que vous soyez chrétiens, musulmans ou de toute autre confession, que vous ayez voté pour moi ou pas, j’en appelle solennellement à votre sens de la responsabilité et de la dignité qui a toujours caractérisé notre peuple. »

Voir le discours en intégralité ci-dessous, ou le lire ici.