Politique

Côte d’Ivoire : « IB » veut sa part de la victoire contre Gbagbo

Le "général IB" assure être optimiste quant à la reconnaissance de son action par Ouattara.

Le "général IB" assure être optimiste quant à la reconnaissance de son action par Ouattara. © Capture JA.

Depuis son QG d’Abobo, l’ex-sergent chef Ibrahim Coulibaly revendique la paternité de l’action du « Commando invisible » qui a déstabilisé le pouvoir de Laurent Gbagbo. Et même s’il ne précise pas ses ambitions, il veut désormais jouer un rôle à la hauteur de sa contribution à la victoire contre Laurent Gbagbo.

Alassane Ouattara sait qu’il lui doit une bonne partie de sa victoire. En harcelant dès janvier les Forces de défense et de sécurité (FDS) du président sortant avec ses centaines d’hommes depuis les quartier d’Abobo et d’Anyama, sous le nom de « Commando invisible », l’ex-sergent-chef Ibrahim Coulibaly a sapé le moral des hommes de Gbagbo, contribué à désorganiser son système sécuritaire et précipité sa chute.

Soupçonné par le camp Ouattara, d’être tenté par le pouvoir suprême et considéré comme un rival par Guillaume Soro, le « général IB », 47 ans, n’a pas été mis à contribution pour l’assaut final contre la résidence présidentielle. Mais il n’en réclame pas moins son dû, tout en réaffirmant son allégeance au nouveau président.

Ouattara, "un père pour moi"

« Le commando invisible, ce sont des enfants de ce pays, des Ivoiriens, on ne peut pas les exclure », explique-t-il. Il n’y pas d’autre choix que « d’être reconnaissant vis-à-vis de ces combattants », avance-t-il, sans pour autant rien demander de manière publique. « L’avenir du commando invisible dépend du chef suprême de l’armée », explique-t-il, tout en se disant « optimiste ». Il assure être « en contact téléphonique » avec Ouattara, dont il fut jadis le garde du corps. « C’est un père pour moi », explique-t-il.

Le retour d’« IB » en pleine lumière, après des années d’exil au Bénin et au Ghana, indispose fortement les chefs des FRCI, déjà divisés entre eux. D’autant que l’ex-sergent-chef, qui se veut « père de la rébellion » de 2002, n’est pas tendre avec eux. « C’est le commando invisible qui a déstabilisé l’état-major de Côte d’Ivoire. […] Pour qu’il y ait assaut final, il faut qu’il y ait un début. » Et ce début a eu lieu à Abobo, affirme-t-il en niant aux FRCI le prestige de la victoire. « Les vrais acteurs de l’assaut final, c’est la [force française] Licorne et l’Onuci », martèle-t-il.

L’interview vidéo du "général IB", par l’AFP.

"Pas de problème entre Soro et moi"

Son « état-major » est situé aux confins d’Abobo et d’Anyama, au bout d’un chemin de terre cahoteux, auquel on accède après avoir franchi de nombreux barrages d’hommes en armes. Certains de ses soldats, treillis et bérets rouges impeccables, sont auprès de lui quand il reçoit dans son salon meublé de larges fauteuils en cuir et de vases asiatiques. Carrure de basketteur américain, fines lunettes et barbichette, il revendique désormais « au moins 5 000 hommes ». Un chiffre qui paraît largement surestimé aux yeux de nombreux observateurs.

« Nous avons pris les armes » pour « protéger la population » contre le « dictateur » Gbagbo, explique-t-il. Raison pour laquelle il veut désormais faire partie de la « réconciliation » voulue par Ouattara en Côte d’Ivoire. Et de prôner pour les Ivoiriens « unité, paix, amour ». « Il faut qu’on pardonne », explique-t-il.

Sans doute pense-t-il également à Guillaume Soro, qui lui arracha le leadership de la rébellion après le putsch raté de 2002, à l’issue de combats fratricides. « Il n’y a plus de problème entre Soro et moi », jure-t-il. Mais son entourage ne cache pas que leurs relations ne sont pas encore très cordiales… (avec AFP)

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