Politique

« Je n’ai pas giflé » Bouazizi, affirme Fédia Hamdi, libérée par la justice tunisienne

Une affiche à l'effigie de Mohamed Bouazizi, le 6 février à Sidi Bouzid. © Nicolas Fauqué/www.imagesdetunisie.com

La policière municipale accusée d’avoir humilié publiquement le "martyr" tunisien Mohamed Bouazizi a bénéficié d’un non-lieu du tribunal de première instance de Sidi Bouzid mardi. La famille du défunt a également retiré sa plainte.

La gifle sans doute la plus célèbre de l’histoire tunisienne n’a pas eu lieu. C’est en tout cas ce qu’a affirmé Fédia Hamdi, la policière municipale qui était accusée d’avoir humilié publiquement Mohamed Bouazizi lors de la confiscation de sa charrette de fruits et légumes à Sidi Bouzid, le 17 décembre 2010.

Bouazizi s’immolera par le feu publiquement, initiant des réactions en chaîne qui ont emporté Zine el-Abidine Ben Ali à la tête de la Tunisie et Hosni Moubarak en Égypte…

À l’issue de son procès, qui s’est tenu devant le tribunal de première instance de Sidi Bouzid mardi, Fédia Hamdi a bénéficié d’un non-lieu et a été libérée.

"Entre les mains de Dieu"

La famille de Mohamed Bouazizi avait elle-même décidé de retirer sa plainte, au début du procès. « Je laisse les choses entre les mains de Dieu, a déclaré sa mère selon l’agence Tunis Afrique presse [TAP], et il me suffit de voir que le martyr de Mohamed a eu comme résultats la liberté et le départ des tyrans. »

C’est Ben Ali lui-même, alors confronté à une contestation qu’il souhaitait calmer, qui avait ordonné la mise en détention de Fédia Hamdi. Son avocate, Me Basma Nasri a estimé que l’ancien président voulait faire de sa cliente un « bouc-émissaire ». Elle a par ailleurs souligné les erreurs de procédure de l’instruction, comme l’irrecevabilité des déclarations des témoins.

La TAP rapporte que la libération de Fédia Hamdi a été accueillie par « une joie immense de la part des personnes venues en grand nombre » devant le tribunal. « Ils ont salué […] le courage des juges qui ont donné la preuve de l’indépendance de la justice et la rupture avec l’ancien régime », affirme l’agence d’État.

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