Politique

Ben Laden mort, Al-Qaïda se cherche un nouveau chef

| Par Jeune Afrique
Capture d'écran du numéro deux d'Al-Qaida, Ayman al-Zawahiri, le 15 avril 2011.

Capture d'écran du numéro deux d'Al-Qaida, Ayman al-Zawahiri, le 15 avril 2011. © AFP

Tué dans une opération commando américaine au Pakistan, Oussama Ben Laden laisse une place difficile à pourvoir à la tête de l’organisation terroriste Al-Qaïda. Qui risque de péricliter, à moins qu’elle ne trouve un nouveau souffle grâce aux crises libyenne, syrienne ou yémenite.

À peine annoncée, la mort d’Oussama Ben Laden, tué par un commando américain au Pakistan après des années de traque, suscite déjà des interrogations quant à la succession du chef d’Al-Qaïda. Certains analystes s’accordent à dire que le réseau islamiste, déjà affaibli, pourrait avoir du mal à se trouver un nouveau guide.

« Oussama Ben Laden représentait un symbole », souligne Mohammad Abou Roummane, un Jordanien spécialiste des mouvements islamistes. « Avec sa mort, Al-Qaïda va connaître une crise de succession, car aucune autre personnalité du réseau ne possède le charisme de Ben Laden. » D’après Abou Roummane, le nom de l’Égyptien Ayman al-Zawahiri, co-fondateur et numéro deux d’Al-Qaïda, a été avancé mais il « ne fait pas l’unanimité ».

Ce médecin de 60 ans a été l’un des piliers du groupe du « Djihad islamique » égyptien avant de rencontrer Ben Laden en Afghanistan. Il lui a apporté de nombreux militants et un grand sens de l’organisation. La récompense pour sa capture est de 25 millions de dollars, la même que pour l’ancien chef d’Al-Qaïda.

« La fin du terrorisme d’Al-Qaïda »

Pour Anouar Eshki, directeur de l’Institut du Proche-Orient pour les études stratégiques basé à Jeddah (Arabie saoudite), qui affirme avoir personnellement connu Ben Laden, « les Saoudiens au sein de l’organisation n’accepteront jamais de suivre les ordres de Zawahiri […] L’Arabie saoudite va désormais connaître des jours tranquilles car la mort de Ben Laden signifie la fin prochaine du terrorisme d’Al-Qaïda ».

« Le terrorisme va également s’affaiblir au Yémen et en Somalie », estime l’analyste, qui concède cependant que la nébuleuse pourrait exploiter les événements en Libye, au Yémen et en Syrie pour prendre un nouveau départ en épousant les revendications populaires. Après les coups portés par les autorités saoudiennes à Al-Qaïda, les branches yéménite et saoudienne ont fusionné en janvier 2009 pour constituer Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), désormais fortement implantée dans le sud et l’est du Yémen.

Perte d’autorité

Cependant, la figure de Ben Laden avait perdu de sa popularité ces derniers mois. Surtout depuis l’éclosion des révoltes arabes menées par « des jeunes sur Facebook qui ne sont pas influencés par ses idées », explique Abou Roummane. Les apparitions du chef d’Al-Qaïda, activement recherché par les États-Unis, étaient d’ailleurs devenues assez rares au cours des deux dernières années.

Cantonné à un rôle de guide spirituel, le fondateur d’Al-Qaïda avait moins d’influence sur ses réseaux depuis quelques années. Hassan Abou Hanieh, un analyste spécialisé dans les mouvements djihadistes basé à Amman, estime que la mort de Ben Laden « aura surtout un impact symbolique sur les groupes qui se réclament de lui, car il ne les contrôlait plus directement depuis le 11 septembre 2001 ».

Abou Hanieh souligne que « ces groupes implantés dans l’ensemble du monde musulman, du Caucase au Maghreb, avaient fait allégeance à Ben Laden », mais qu’il n’était plus un chef militaire ou politique pouvant leur donner des directives. Sur le terrain, Al-Qaïda s’était transformée « d’un réseau à structure pyramidale en une multitude de branches locales, dont les liens avec Ben Laden n’étaient plus organisationnels », estime encore Hassan Abou Hanieh. (avec AFP)

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