Justice

Côte d’Ivoire : une plainte pour crime contre l’humanité vise Ouattara à Paris

Maisons brûlées à Duékoué après les combats entre pro-Gbagbo et pro-Ouattara, le 29 mars 2011.

Maisons brûlées à Duékoué après les combats entre pro-Gbagbo et pro-Ouattara, le 29 mars 2011. © AFP

Une Française dont les conseils ne sont autres que Mes Vergès et Dumas, a porté plainte à Paris pour crime contre l’humanité après la mort violente de son père à Duékoué. Alassane Ouattara, dont les forces seraient responsables du meurtre, est expressément visé par la procédure.

C’est en France que les avocats de Laurent Gbagbo ont choisi de contre-attaquer. Les avocats Roland Dumas et Jacques Vergès ont déposé une plainte contre X avec constitution de partie civile pour crime contre l’humanité. Le duo agit au nom d’une de leurs clientes, Guenaël Lapu, résidant en région parisienne et dont le père Jean-Gabriel Bouana a trouvé la mort le 30 mars 2011 à Duékoué, en Côte d’Ivoire.

La plainte a été envoyée directement au doyen des juges d’instruction du tribunal de grande instance de Paris. Une procédure qui conduit à la désignation automatique d’un juge d’instruction. Celui-ci décidera alors de la classer sans suite ou d’ouvrir une information judiciaire.

"Emmené de force"

M. Bouana a été tué lors « des massacres [qui] se sont déroulés dans la région faisant entre 800 et 1 000 morts et/ou disparus », affirment-ils dans cette plainte consultée par l’AFP. Le témoignage de sa fille est clair : « Monsieur Bouana a été emmené de force puis assassiné par des membres des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), dépendant de Monsieur Alassane Ouattara qui avaient assiégé la ville de Duékoué. »

« Sur son corps les témoins ont constaté plusieurs impacts de balles localisés au niveau de la poitrine et de l’épaule droite », écrivent les deux avocats. Selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, quelque 536 personnes ont été tuées depuis fin mars dans des violences intercommunautaires dans l’ouest de la Côte d’Ivoire dont la majorité dans la ville de Duékoué. Le Comité international de la Croix-Rouge a quant à lui fait état d’au moins 800 morts rien qu’à Duékoué, le 29 mars. (Avec AFP)

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