Politique

Al-Qaïda : la mort de Ben Laden rejaillira-t-elle sur les otages d’Aqmi ?

| Par
Des otages d’Al-Qaida au Maghreb islamique le 30 septembre 2010.

Des otages d'Al-Qaida au Maghreb islamique le 30 septembre 2010. © AFP

La plupart des experts et responsables sont affirmatifs. Après la mort d’Oussama Ben Laden, les quatre otages français détenus au Sahel par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) pourraient subir les représailles de la nébuleuse salafiste.

Le choix des dirigeants d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi est simple) : soit marquer un grand coup médiatique, la vengeance de la mort de Ben Laden ayant à coup sûr un écho mondial, soit préserver la valeur « marchande » de ses quatre otages français.

A minima, la mort du chef d’Al-Qaïda, le 1er mai au Pakistan, « une mauvaise nouvelle pour les négociations pour libérer les otages », a confié une source malienne proche des négociations. « Ça va être dur. Chez les gens d’Aqmi, il y en a qui étaient en rapport avec Ben Laden, son entourage. Donc ces gens là peuvent durcir les négociations. » Une source nigérienne ajoute : « Ce qu’on peut dire donc pour le moment, c’est que les pourparlers vont prendre du temps, parce qu’Aqmi a aujourd’hui d’autres chats à fouetter. »

Certains analystes sont beaucoup plus pessimistes, notamment l’Algérien Mohamed Mokeddem, auteur notamment du livre Aqmi, contrebande au nom de l’Islam, et qui se dit « certain que la vie des otages est en danger ».

Prestige djihadiste

« Aqmi est la seule organisation terroriste qui puisse facilement et immédiatement faire quelque chose pour venger la mort d’Oussama Ben Laden, et c’est très inquiétant », dit-il. « Aqmi avait fait savoir qu’elle mettait la vie des otages entre les mains de Ben Laden : cela pourrait lui permettre de se faire remarquer comme la franchise d’Al-Qaïda qui fera la revanche la plus spectaculaire et la plus médiatisée […] Ils pourraient décider d’exécuter un de leurs captifs pour renforcer leur position internationale et leur prestige dans les milieux djihadistes. »

Début 2007, le groupe djihadiste avait prêté allégeance à Oussama Ben Laden, qui soutenait les actions du groupe. En novembre 2010, deux mois après le rapt des Français à Arlit, le chef d’Aqmi, l’Algérien Abdelmalek Droukdel, avait déclaré que « toute forme de négociation sur les otages à l’avenir sera conduite avec personne d’autre que notre Cheikh Oussama Ben Laden […], et selon ses conditions ». Est-ce à dire qu’il n’y a plus de négociations possibles ?

Représailles obligatoires

À Nouackchott, le journaliste Isselmou Ould Moustapha, spécialiste de l’islamisme radical au Sahel, s’attend au pire. « Je ne pense pas que la vie de tous les otages soit menacée. Mais pour frapper les esprits, parce qu’ils n’ont pas d’otage américain, ils pourraient s’en prendre à un des Français et l’exécuter pour frapper les esprits. Ce qui est certain, c’est que les représailles sont obligatoires. Cela n’exclut pas des tentatives d’attentats contre des intérêts américains dans la région, mais s’en prendre à un des otages français est tellement plus facile. »

Aqmi cèdera-t-il à la tentation ? Ou se montrera-t-il pragmatique ? Après tout ses quatre prisonniers français représentent à la fois une arme de négociation, un moyen de pression et une importante source de revenus. (avec AFP)

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3097 ok 600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer

Je me connecte