Politique

Le PAP, très discret Parlement panafricain de l’UA

Devant le Parlement panafricain, le 9 mai 2011.

Devant le Parlement panafricain, le 9 mai 2011. © Pierre Boisselet, pour J.A.

Le Parlement panafricain a ouvert lundi sa première session de l’année à Johannesburg, en Afrique du Sud. Mais cette institution phare de l’Union africaine souffre d’un manque de poids politique. Et donc de visibilité.

Malgré ses sept ans d’existence, le Parlement panafricain (PAP) ne jouit pas d’une grande notoriété. Pour l’instant, du moins. Car il a pour vocation de devenir, un jour, une assemblée continentale dotée des pleins pouvoirs législatifs. Et ses membres, qui sont encore désignés par les législatures nationales, devront à terme être élus au suffrage universel direct à l’instar des députés européens.

Lundi, à Midrand (à côté de Johannesburg), dans le bâtiment flambant neuf du PAP entièrement financé par Pretoria, s’ouvrait la première session parlementaire de l’année. Devant le grand hall vitré, un groupe de danseurs traditionnels accueillent les visiteurs. Mais partout autour règne un calme surprenant. Pas de caméras ni de horde de photographes. La « rentrée des classes » se fait discrètement.

Il faut dire que les responsables du continent, même les plus portés sur les discours panafricanistes, font assez peu de publicité au PAP. Le Premier ministre kényan, Raila Odinga, avait été invité à l’ouverture de la session. Mais il a annulé sa venue au dernier moment. Quant au président de la Commission de l’UA, le Gabonais Jean Ping, il se fera représenter par son vice-président, le Kényan Erastus Mwencha.

En dehors des personnalités sud-africaines, comme la présidente du Parlement local du Gauteng, Lindiwe Maseko, seuls quelques étrangers avaient fait le déplacement : le premier vice-président de l’Assemblée nationale angolaise, João Manuel Gonçalves Lourenço, ou le président de l’Assemblée nationale mauritanienne, Messoud Ould Boulkheir. En à peine plus de deux heures, la première séance sera bouclée.

Trop grande "liberté de ton"

Si la plupart des capitales africaines ne cherchent pas à mettre le PAP parmi leurs priorités, c’est surtout « à cause de sa liberté de ton », assurent à voix basse certains officiels. Loin de leurs capitales et amenés à se prononcer sur les affaires d’autres pays, les parlementaires panafricains sont volontiers critiques vis-à-vis des gouvernements.

De 2007 à 2009, le PAP a par exemple envoyé differentes missions d’observations électorales sur le continent. Et à plusieurs reprises, leur jugement s’est révélé plus sévère que celui de l’UA… De nombreux chefs d’État ont ensuite jugé que les missions d’observations autonomes du PAP coûtaient trop cher…

En réalité, il y a peu de chances que le PAP s’impose sur le continent tant que son rôle politique ne sera pas consolidé. Ses membres (cinq par pays adhérent à l’UA, dont au moins un doit être issu de l’opposition) restent pour l’instant des parlementaires nationaux élus ou désignés par leurs pairs.


L’ouverture de la session parlementaire du PAP, le 9 mai 2011, à Midrand.
© Pierre Boisselet, pour J.A.

Avis consultatifs

En outre, les sessions plénières du PAP ne durent pas plus de dix jours et n’ont lieu que deux fois par an. En ajoutant les réunions des commissions (deux fois par an également), les déplacements des parlementaires à Johannesburg peuvent se limiter à quatre par an.

Enfin, l’assemblée ne rend pour l’instant que des recommandations ou des avis purement consultatifs, qui sont ensuite transmis aux autres organes de l’UA. Un rôle qui doit être réévalué dans les prochaines années. Mais l’UA, qui doit faire face aux difficultés d’un de ses principaux financeurs, Mouammar Kadhafi, a decidé de d’imposer au PAP des mesures d’économie. Temporaires, bien-sûr…

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Pierre Boisselet, envoyé spécial à Johannesburg.

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