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Cet article est issu du dossier «Dossier urbanisme : quelles villes demain ?»

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Économie

Oran : un centre historique devenu moderne

La cité du raï, à la fois industrieuse et bambocharde.

La cité du raï, à la fois industrieuse et bambocharde. © Nick Hannes

De la modernisation des infrastructures à la création de villes nouvelles, la métropole algérienne réussit à allier business, qualité de vie et loisirs.

Oran la millénaire a connu de profondes mutations ces dix dernières années. La deuxième agglomération d’Algérie (1,5 million d’habitants, dont la moitié intra-muros) a engagé un vaste programme d’aménagement urbain, Oran 2030, pour moderniser ses infrastructures, réhabiliter son centre historique et restaurer son parc d’immeubles haussmanniens, héritage de la longue présence européenne (espagnole et française). Mais nul besoin d’attendre 2030 pour en voir les effets. Un plan d’investissements publics de 696 milliards de dinars (plus de 6 milliards d’euros), dont 240 milliards de dinars de 2005 à 2009 et 456 milliards entre 2010 et 2014, a déjà permis à Oran el-Bahia (« la radieuse ») de retrouver son statut de métropole économique majeure du Bassin méditerranéen, ainsi que de renouer avec sa réputation de cité joyeuse et sans tabou.

Avec une façade maritime dotée de trois ports (terminal à conteneurs à Oran, terminal pétrolier et gazier à Arzew et base navale de Mers el-Kébir), une immense zone humide (la Grande Sebkha) et des contraintes sismiques, la réhabilitation urbaine n’a pourtant pas été de tout repos. Dans le quartier de Sidi el-Houari (saint patron de la ville), centre historique d’Oran, les monuments étaient enchevêtrés dans les îlots d’habitat précaire nés de l’exode rural des années 1960 et 1970, puis des mouvements de population engendrés par l’insurrection islamiste des années 1990. Le vieux bâti y a été entièrement réhabilité et les terrains des zones d’habitat insalubre ont été récupérés. Pour leurs habitants, 35 000 logements ont été construits dans quatre villes nouvelles, en périphérie d’Oran. À l’est, Kristel (sur le littoral) et Gdyel (à l’intérieur des terres) ; au sud-ouest, Misserghine et Hassi Bounif.

Petite révolution, le tramway a été mis en service le 2 mai. Il compte pour l’heure 32 stations.

Marina

La prochaine grosse opération concerne le quartier Planteurs, sur le flanc du mont Murdjadjo, qui surplombe le port de pêche. Il sera rasé pour faire place à un parc de loisirs doté de centres commerciaux, de restaurants et d’espaces publics. La pêcherie sera transformée en marina de plaisance. Quant aux 6 000 familles qui y vivent, elles devraient être relogées dans la ville nouvelle d’Oued Tlelat (à 27 km au sud-est d’Oran).

Dans la cité du raï, la vie des habitants a connu une petite révolution : le tramway. Mis en service le 2 mai, son premier tronçon,de 18,7 km, compte 32 stations. La ligne est exploitée par Setram, coentreprise algéro-française associant RATP Dev (49 %), l’Entreprise du métro d’Alger (30 %) et l’Établissement public de transport urbain et suburbain d’Alger (21 %), qui étudie déjà le projet d’un nouveau tronçon, ainsi que d’un métro.

Bijou architectural

Avec l’inauguration du siège du groupe pétrolier public Sonatrach et l’accueil de la 16e conférence internationale sur le gaz naturel liquéfié début 2010, l’agglomération avait déjà franchi un cap majeur en termes de mise à niveau d’infrastructures économiques. Modernisation du port, nouvelles routes, ravalement des façades des vieux immeubles du front de mer, centre de conférences ultramoderne, hôtels Sheraton et Méridien… lui ont aussi permis de renforcer ses capacités en matière de tourisme d’affaires. Depuis, Oran multiplie les salons, foires et expositions, sans oublier les grands rendez-vous culturels, notamment sur la scène de son opéra, bijou d’architecture 1900 entièrement restauré et mis à la disposition des dramaturges et comédiens du Théâtre régional.

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Longtemps dominé par le pôle pétrochimique de Bethioua et les terminaux pétrolier et gazier d’Arzew, le tissu industriel de l’agglomération s’est étoffé de deux mégaprojets. L’aciérie de Bethioua, gérée en partenariat avec une entreprise turque, a été inaugurée le 5 juin par Recep Tayyip Erdogan, le Premier ministre turc, accompagné d’Abdelmalek Sellal, son homologue algérien. Quant à la nouvelle unité de construction automobile située à Oued Tlelat, menée en partenariat avec le français Renault, son entrée en production est prévue pour novembre.

 

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