Politique

Côte d’Ivoire : pourquoi Gbagbo et ses proches sont poursuivis jusqu’en Suisse

L'ex-couple présidentiel est soupçonné de détournements de grande ampleur. © AFP

Le couple Gbagbo et plusieurs de leurs proches sont soupçonnés d'être passés par la Suisse pour détourner des fonds publics ivoiriens. Il s'agit notamment d'une villa située à Vandoeuvres, dont la vente en mai 2010 à un homme d'affaires libanais paraît bien supecte...

Le ministère publique helvétique a ouvert le 9 mai, une procédure pénale contre inconnu pour blanchiment d’argent à la suite d’une plainte déposée, le 18 mars, par l’avocat genevois, Bruno de Preux, et son confrère, Mario Stasi, du barreau parisien, au nom de la république de Côte d’Ivoire. Dix personnes sont particulièrement visées dont les époux Laurent et Simone Gbagbo et six entités morales dont le Port autonome d’Abidjan, anciennement dirigé par Marcel Gossio, un proche de l’ex-président ivoirien. Cette plainte vise à faire la lumière sur la manière dont le camp Gbagbo s’est enrichi depuis son accession au pouvoir en octobre 2000.

Les deux avocats soupçonnent notamment Laurent Gbagbo d’avoir donné l’ordre de vendre la propriété de Vandoeuvres, dans la banlieue huppée de Genève, appartenant à l’Etat ivoirien, pour détourner une partie des fonds publics. La villa a été cédée pour 15,3 millions d’euros en mai 2010 à la société La Capite 110 SA, présidé par le Libanais Wahbe Tamari, un homme d’affaires impliqué dans le négoce de café et l’immobilier.

Sur la piste des fonds suspects

« Nous avons pisté les fonds qui ont été déposés chez un notaire parisien, explique Me De Preux. Ce dernier nous explique que 7 millions auraient été dépensé dans la réfection d’immeubles appartenant à la Côte d’Ivoire en France. Il faudra vérifier la réalité de ces travaux. Il conserverait actuellement le reste ».

Une plainte au pénal pourrait être déposée prochainement en France. En Côte d’Ivoire, le nouveau procureur de la république, Simplice Koffi Kouadio, a ordonné le 3 mai aux établissements bancaires du pays d’empêcher les mouvements financiers sur les comptes de 148 personnes réputées proches des époux Gbagbo. Une enquête pour corruption et gestion déloyale a été ouverte contre ces personnes, la justice ivoirienne les soupçonnant d’avoir détourné illégalement de l’argent en Suisse.

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