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Libye : Tripoli frappée au coeur, les heures de Kadhafi « sont comptées », selon Rome

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Mis à jour le 17 mai 2011 à 10:30

Deux bâtiments administratifs situés dans le centre de Tripoli, étaient en feu mardi matin. Après la demande de mandats d’arrêts internationaux à l’encontre de Mouammar Kadhafi et son fils Seif el-Islam par le procureur de la CPI, l’Italie estime que les heures du régime libyen sont comptées.

Tant sur le plan militaire que judiciaire, Mouammar Kadhafi semble cerné.

Entre lundi soir et mardi matin, la capitale libyenne, Tripoli, a été frappée à plusieurs reprises par des raids aériens de l’Otan. Trois explosions ont d’abord été entendues dans le secteur de Bab Al-Aziziya (complexe qui sert, entre autre, de résidence à Mouammar Kadhafi) vers 20 heures locales. Puis, aux alentours de 3 heures à Tripoli, deux importantes détonations ont eu lieu à proximité de l’avenue Al-Joumhouriya. Dans ce quartier administratif et résidentiel, deux bâtiments étaient toujours en feu mardi, à l’aube.

Il s’agissait d’un immeuble des services de sécurité intérieure et du siège du ministère d’inspection et de contrôle populaire, chargé de la lutte contre la corruption.

Le gouvernement libyen a affirmé que cette dernière explosion avait fait des blessés, sans en préciser le nombre, et accusé l’Otan d’avoir cherché à détruire des preuves de l’implication de dirigeants rebelles du Conseil national de transition (CNT) à la demande de ces derniers.

Recherche d’une porte de sortie pour Kadhafi

Le CNT était, pendant ce temps, occupé à réagir à la demande de mandats d’arrêt contre Mouammar Kadhafi, son fils Seif el-Islam et le chef des renseignements libyens, Abdallah Senoussi, par le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo. « Le Conseil national de transition salue la décision du procureur de la Cour pénale internationale Luis Moreno-Ocampo, a déclaré son vice-président, Abdel Hafez Ghoga. Mais, nous aimerions qu’ils soient jugés d’abord en Libye avant d’être jugés par une cour internationale », a-t-il poursuivi.

Luis Moreno-Ocampo accuse Mouammar Kadhafi de crimes contre l’humanité, en ayant « personnellement commandé des attaques contre des civils libyens non armés ». Son fils Seif el-Islam aurait organisé le recrutement de mercenaires, tandis qu’Abdallah Senoussi, bras droit et beau-frère de Mouammar Kadhafi, est soupçonné d’avoir personnellement ordonné certaines attaques.

Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a pour sa part estimé que « les heures du régime sont comptées ». Une réflexion serait en cours pour trouver une « porte de sortie » au colonel Kadhafi, a-t-il affirmé sur la foi de « messages qui arrivent du cercle restreint du régime ». Ce cercle restreint serait en quête d’un « lieu où de manière convenable [Kadhafi] pourrait se retirer et disparaître pour toujours de la scène politique ». (avec AFP)