Justice

Hosni Moubarak pourrait s’excuser auprès des Égyptiens en échange d’une amnistie

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L’ancien président égyptien Hosni Moubark, le 8 février 2011 au Caire.

L'ancien président égyptien Hosni Moubark, le 8 février 2011 au Caire. © AFP

Hosni Moubarak serait prêt à faire comme son épouse, qui a été libérée : remettre ses avoirs à l’État égyptien. Il pourrait aussi s’excuser devant le pays pour la répression des manifestations qui l’ont fait tomber, s’il était amnistié en contrepartie. L’armée a cependant démenti cette information.

Mis à jour à 11h30.

Le président égyptien préparerait une lettre « dans laquelle il demande pardon, pour lui et sa famille, pour toutes les offenses qu’ils ont pu causer à la population », a indiqué un quotidien indépendant, Al-Chorouk. Il pourrait également s’excuser « pour tout comportement qui a pu découler de mauvaises informations transmises par ses conseillers ». Une allusion aux erreurs de jugement et à la répression à l’encontre des manifestants qui en début d’année ont protesté contre son régime et l’ont renversé le 11 février.

Le journal indique aussi que l’ancien homme fort de l’Égypte – actuellement placé en détention préventive au sein de l’hôpital de Charm el-Cheikh où il est suivi pour des problèmes cardiaques – serait enclin à rendre ses avoirs à l’État en échange d’une amnistie, « pour lui-même, son épouse et leurs deux fils », ces deux derniers étant en détention préventive dans une prison près du Caire.

Mais l’armée a aussitôt démenti cette information susceptible de déclencher la colère des Égyptiens. « Ce qui a été rapporté dans les médias sur le fait que le Conseil suprême (des forces armées) pourrait s’orienter vers une grâce pour l’ancien président Hosni Moubarak ou sa famille n’est absolument pas vrai », a déclaré l’armée dans un communiqué posté sur sa page Facebook.

L’enquête continue

L’épouse de Moubarak, Suzanne Thabet, qui était elle aussi en détention préventive au même hôpital de Charm el-Cheikh suite à un malaise cardiaque, a été relâchée mardi, après avoir remis ses avoirs jugés illégaux à l’État. Le juge Assem al-Gohari a déclaré que l’enquête sur la fortune de Suzanne Moubarak n’était pas close, mais que compte tenu de son attitude coopérative « sa remise en liberté [était] une procédure normale qui s’appliquerait à tout le monde ».

L’enquête des autorités égyptiennes sur la fortune des Moubarak se poursuit donc. Certains éléments font état d’une villa appartenant à Hosni Moubarak à Charm el-Cheikh d’une valeur de 6 millions de dollars et d’une luxueuse demeure appartenant à son épouse au Caire. Suzanne Moubarak a accepté dès lundi, juste avant sa libération, que cette maison soit vendue par l’État.

Le couple est aussi interrogé sur le contrôle qu’il aurait eu sur un compte de 145 millions de dollars (environ 101 millions d’euros) appartenant à la bibliothèque d’Alexandrie. Le Caire a demandé le gel des avoirs des Moubarak à l’étranger, et la Suisse a annoncé avoir bloqué 320 millions d’euros appartenant à l’ancien président et à son entourage.

La jeunesse égyptienne, entre indignation et ironie

Les informations du journal Al-Chorouk ont suscité de vives réactions auprès des mouvements de jeunes opposés à l’ancien régime, qui s’indignent de la possibilité que l’ancien président soit gracié. La « Coalition des jeunes de la révolution » a mis en ligne sur internet une pétition en faveur de nouvelles manifestations si Hosni Moubarak échappe à un procès et est amnistié.

Quant au  « Mouvement du 6 avril », il a choisi l’ironie en postant sur le réseau social Facebook un pastiche de lettre d’excuses de l’ancien président. « Si pendant trente ans je vous ai méprisés et ai fait de votre vie un enfer […] je présente mes excuses au peuple d’Égypte. » (avec AFP)

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