Politique

Tunisie : échanges de tirs meurtriers entre militaires et membres présumés d’Aqmi

Par - Frida Dahmani, à Tunis
Mis à jour le 18 mai 2011 à 17:09

Des affrontements entre soldats tunisiens et un groupe armé suspecté d’appartenir à Aqmi ont fait plusieurs morts dans la nuit de mardi à mercredi à Rouhia. Plusieurs djihadistes sont activement recherchés dans la région de Siliana.

Des échanges de tirs ont eu lieu dans la nuit de mardi à mercredi entre des membres présumés d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et des éléments de la garde nationale et de l’armée tunisienne au point de contrôle de Rouhia (Gouvernorat de Siliana, centre-nord).

Ces derniers jours, des arrestations de ressortissants libyens et algériens en possession d’armes dans le gouvernorat Médenine (sud Tunisien) avaient abouti à la découverte de caches d’armes et révélé des projets d’attentats d’Aqmi en Tunisie. C’est vraisemblablement cette piste qui a conduit les autorités à redoubler de vigilance et à rapidement cerner le groupe suspect.

Groupe de neuf djihadistes

Selon une source sécuritaire citée par l’AFP, « deux hommes, arrivés de Sbiba [ville située près de la ville de Kasserine] se sont dirigés vers un parc de stationnement à Rouhia où un gardien les a aidés à transporter leurs bagages, mais il a été surpris par le poids de leurs bagages, et a alerté la police et l’armée ». Dans un communiqué, publié en arabe sur sa page Facebook, le ministère de l’Intérieur tunisien confirme que « des unités spéciales de la garde nationale et de l’armée avec l’aide de quelques citoyens ont pu aux alentours de 6 h 55 découvrir trois terroristes armés dans la région de Rouhia ».

Selon nos informations, le groupe djihadiste impliqué serait en fait constitué de neuf personnes de nationalités tunisienne, algérienne et libyenne, armés de Kalachnikovs et de grenades. Les Tunisiens concernés seraient au nombre de trois. Il s’agit de Nabil Saadaoui, Sofiane Ben Amor et Abdelwaheb Hmaied – les deux derniers ayant échappé de peu aux arrestations consécutives aux incidents de Soliman, en 2006. Parmi les membres activement recherchés dans la région de Siliana, survolée ce mercredi par des hélicoptères de l’armée, se trouverait Walid Saâdaoui, plus connu sous le nom de « Ettounsi Essaâdaoui », un djihadiste déjà impliqué dans de précédents attentats.

Deux morts parmi les forces de l’ordre

« Ces terroristes ont tiré sur des unités de l’armée et de la garde nationale, blessant trois soldats avec des balles réelles dont l’un d’entre eux, un colonel, est décédé », poursuit le ministère dans son communiqué. Selon une source sécuritaire, « le soldat Walid Haji et le colonel Tahar Ayari sont morts dans ces échanges de tirs ».

« Deux terroristes ont été tués, tandis que le troisième a réussi à s’enfuir », poursuit le ministère de l’Intérieur. Selon la source sécuritaire, « les deux hommes […] avaient sur eux des passeports libyens ». Une source autorisée a par ailleurs déclaré que ces hommes « portaient des ceintures d’explosifs » et qu’il s’agissait de « terroristes, fortement suspectés d’appartenir au réseau Al-Qaida ». Selon un habitant, deux civils ont également été blessés dont un grièvement, qui a été hospitalisé à Tunis. (Avec AFP)