Politique

Génocide rwandais : la fin des procès gacaca repoussée à décembre 2011

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Mis à jour le 20 mai 2011 à 20:37

Nouveau report pour les gacaca. À la fin de l’année 2011, ces juridictions populaires et traditionnelles rwandaises devront avoir fini leurs travaux concernant les derniers suspects – non planificateurs – du génocide de 1994.

Publié sur le site officiel du gouvernement rwandais, un communiqué du ministre de la Justice Tharcisse Karugarama a fait savoir qu’un rapport final viendra clore officiellement le chapitre des gacaca en décembre 2011. À plusieurs reprises déjà, la complexité de certaines affaires, alliée aux nombreux recours et à la découverte de nouveaux faits avaient poussé les autorités rwandaises à décaler le délai imparti à ces juridictions populaires traditionnelles. Début mai, les gacaca avaient ainsi jusqu’à juillet pour traiter quelque 97 dossiers restants.

Des tribunaux pas oridnaires

« Nous sommes heureux d’avoir un système unique qui répond aux besoins de notre peuple ; il peut ne pas être parfait pour d’autres nations mais il nous aide beaucoup », a précisé le ministre rwandais de la Justice.

Les juges gacaca (prononcer gatchatcha, NDLR) ne sont pas des magistrats professionnels, mais des personnes réputées intègres, élues au sein d’une communauté locale. Ce système instauré par la justice rwandaise a notamment permis d’organiser des conciliations entre les survivants du génocide et des proches des personnes suspectées d’y avoir participé pour juger de manière équitable les accusés.

Les procès ont donné lieu à des peines d’emprisonnement allant de 5 à 10 ans, à des peines de perpétuité (totalisant 5 à 8% des verdicts ) et à des acquittements (20 à 30%).

Près de 1,4 million de dossiers

Les gacaca étaient compétentes pour juger tous les auteurs présumés du génocide, à l’exception des planificateurs aux niveaux national et préfectoral, qui eux ont rendus des comptes aux tribunaux classiques. Une méthode qui a permis de traiter près de 1,4 million de dossiers depuis mars 2005. « Une grande réalisation, qui aurait été impossible autrement » précise dans son communiqué le ministre de la Justice.

Le système n’est cependant pas parfait : certains juges gacaca ont été eux-mêmes accusés de génocide, puis jugés et condamnés, ou acquittés par leurs pairs… D’autres encore ont été surpris en flagrant délit de corruption par des accusés ou des membres de leurs familles. (avec AFP)