Politique

Un journaliste ivoirien pro-Gbagbo assassiné lors d’un « règlement de comptes »

Des résidents de Yopougon quittent le quartier avec leurs affaires, le 14 mai 2011.

Des résidents de Yopougon quittent le quartier avec leurs affaires, le 14 mai 2011. © AFP

Arrêté par les forces ouattaristes début mai, un journaliste favorable à Laurent Gbagbo a été assassiné, affirme RSF. L’organisation appelle les autorités ivoiriennes à mettre fin aux règlements de comptes.

Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé mardi 24 mai dans un communiqué « l’assassinat de Sylvain Gagnetaud », un journaliste ivoirien de Radio Yopougon connu pour ses positions proches de Laurent Gbagbo. « Selon des sources convergentes [il aurait été] arrêté lors d’une opération de ratissage des forces pro-Ouattara » aux environs du 8 mai et exécuté peu après, en compagnie de jeunes suspectés d’être des miliciens pro-Gbagbo, détaille l’ONG de défense de la presse.

« Les circonstances de son arrestation et de sa mort restent floues », relève RSF. « Après la chute de Laurent Gbagbo, la radio Yopougon avait été attaquée puis incendiée dans la nuit du 13 au 14 avril 2011. Craignant pour ses jours, Sylvain Gagnetaud avait tenté de fuir », ajoute-t-elle.

RSF dénonce aussi les règlements de comptes qui se poursuivent en Côte d’Ivoire, un mois et demi après l’arrestation de Laurent Gbagbo.

Mettre un terme à l’impunité

« Cette nouvelle accablante est inquiétante pour l’avenir des médias en Côte d’Ivoire, où les journalistes et les médias affiliés à l’opposition sont traqués par les bandes armées », juge en effet l’organisation. Dès lors, elle appelle les nouvelles autorités ivoiriennes à faire la lumière sur ces événements, estimant que ce sera « un test » pour elles. RSF demande résolument à l’État de « mettre un terme à l’impunité ».

Par ailleurs, le communiqué rapporte aussi l’arrestation de Nina Bolou, directrice de la société éditrice du quotidien d’opposition Le Temps, survenue le mardi 24 mai. Alors que sa société doit rouvrir prochainement, elle a été arrêtée dans les locaux de sa société par des « hommes armés ».

Mais RSF a toutefois salué le retour de la presse d’opposition – autrefois proche du pouvoir de Laurent Gbagbo et désormais critique envers Alassane Ouattara. Il s’agit selon l’ONG d’ « une nouvelle encourageante ».

Notre voie, quotidien du parti de Laurent Gbagbo, a déjà reparu lundi. C’est le premier journal d’opposition disponible dans les kiosques depuis les combats qui ont fait rage du 31 mars au 11 avril dans Abidjan. (avec AFP)

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