Diplomatie

Libye : la Russie envoie un émissaire à Benghazi, les raids sur Tripoli se multiplient

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Ruines du Congrès général du peuple après un bombardement de l’Otan, le 6 juin 2011.

Ruines du Congrès général du peuple après un bombardement de l'Otan, le 6 juin 2011. © AFP

L’envoyé spécial du Kremlin en Libye, Mikhaïl Marguelov, ne devrait pas se rendre à Tripoli mais seulement à Benghazi pour y rencontrer les rebelles du CNT. Alors que l’Otan accentue la pression sur le régime de Kadhafi, Moscou se détourne ostensiblement du « Guide ».

Ouvertement réclamé il y a une dizaine de jours par la Russie à l’issue du G8, le départ de Mouammar Kadhafi n’est « pas à l’agenda », a affirmé lundi le vice-ministre des Affaires étrangères libyen Khaled Kaaim. Un émissaire russe, Mikhaïl Marguelov, devait justement arriver aujourd’hui à Benghazi vers 6 heures GMT, pour y rencontrer les dirigeants du Conseil national de transition (CNT).

Il n’est pas prévu que l’envoyé spécial du Kremlin se rende à Tripoli, a indiqué lundi sa porte-parole Varvara Paal. Officiellement, aucune rencontre avec des représentants du régime libyen n’est prévue.

Il s’agit d’un retournement d’alliance spectaculaire pour la Russie. Proche alliée de Tripoli, traditionnellement opposée à toute ingérence (sauf la sienne), elle s’était abstenue à l’ONU lors vote au Conseil de sécurité de la résolution 1973 autorisant des frappes internationales en Libye. Dernièrement, sans aller aussi loin que la Russie, la Chine a également fait quelques pas diplomatiques avec les rebelles.

Multiplication des raids

Par ailleurs, après Mikhaïl Marguelov, ce sera au tour de la chef de la diplomatie espagnole, Trinidad Jimenez, de se rendre mercredi à Benghazi. Le lendemain, elle se rendra ensuite jeudi aux Émirats arabes unis, où elle doit participer à la réunion du groupe de contact sur la Libye.

Pour motiver Kadhafi à partir – s’il s’agit d’une option que lui ou son entourage envisagent -, l’Otan multiplie les raids aériens sur Tripoli après avoir annoncé prolonger ses opérations jusqu’à fin septembre. Lundi, dans son compte-rendu quotidien sur les opérations de la veille, l’Otan a indiqué avoir visé notamment des sites de lancement de missiles. Mais l’organisation atlantique a été accusée par un responsable du régime d’avoir visé des bâtiments du siège de la radio et de la télévision d’État. « Nous n’avons ni visé ni touché les bureaux de la radio-télévision d’État libyenne », a répliqué le lieutenant-colonel Mike Bracken, porte-parole de la mission « Protecteur unifié » de l’Otan.

En revanche, selon un journaliste de l’AFP, deux bâtiments officiels du Congrès général du peuple (Parlement) ont bel et bien été détruits par les bombardements lundi matin. La Royal Air Force (RAF) britannique a quant a elle bombardé lundi matin le quartier général des services de renseignement libyens à Tripoli.

Vers l’offensive générale

Organisant les conditions d’une offensive générale des rebelles sur Tripoli, l’Otan prépare le terrain en amont. Le régime a affirmé que des « sites civils » de la région de Brega – verrou stratégique sur la route de la capitale – avaient été la cible des raids dimanche soir. De son côté, l’Otan a reconnu seulement avoir frappé dimanche trois véhicules militaires. Au sud-ouest de Tripoli, des combats continuent également dans la région montagneuse en partie contrôlée par les rebelles, près de Yéfren qui est aux mains des insurgés, selon des libyens réfugiés en Tunisie qui ont pu contacter des parents sur place.

L’exode de Libyens vers la Tunisie via le poste-frontière de Ras Jedir (sud) s’est accentué lundi, ont indiqué des militaires tunisiens sur place. Depuis le début le 15 février de l’insurrection, entre « 10 000 et 15 000 » personnes sont mortes et 893 000 ont pris la fuite, selon l’ONU.

Le conflit a aussi provoqué un quasi-arrêt de la production pétrolière libyenne et contribué à la hausse des cours du baril d’or noir. Ce contexte va peser sur la réunion mercredi à Vienne des ministres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), sans pour autant provoquer une modification des quotas de production, selon des analystes. (avec AFP)

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