Politique

Libye : Wade à Benghazi, l’Union africaine réfléchit à l’après Kadhafi

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Le président sénégalais Abdoulaye Wade, le 29 janvier 2010 à Davos.

Le président sénégalais Abdoulaye Wade, le 29 janvier 2010 à Davos. © AFP

Le président sénégalais Abdoulaye Wade devient le premier chef d’État à se rendre dans la capitale des insurgés libyens depuis le début de la crise qui touche ce pays. Cette visite illustre le revirement d’une partie des chefs d’État du continent sur la possibilité pour Mouammar Kadhafi de rester en place.

Le Sénégalais Abdoulaye Wade est décidemment le président africain le plus proche des insurgés libyens. Après avoir reconnu le Conseil national de transition (CNT) fin mai, il est, ce jeudi, le premier chef d’État à se rendre dans la capitale des insurgés libyens.

Abdoulaye Wade répond à une invitation du président du CNT, Moustapha Abdeljalil, dont il avait reçu les émissaires le 19 mai à Dakar puis le 27 mai à Paris.

Mardi soir, le président sénégalais s’était rendu à Paris pour une « visite privée » non annoncée au cours de laquelle il devait discuter du dossier libyen avec les autorités françaises.

En décembre dernier, il qualifiait encore Mouammar Kadhafi de « compagnon de lutte pour l’édification des États-Unis d’Afrique » lors d’une visite du « Guide » à Dakar. Le Sénégal est aujourd’hui le seul État du continent à avoir reconnu le CNT comme représentant du peuple libyen avec la Gambie.

La visite d’Abdoulaye Wade à Benghazi illustre l’évolution de la position des chefs d’États du continent sur le dossier libyen.

La sortie de Mohamed Ould Abdelaziz

Au départ soutenu par l’Union africaine (UA), Mouammar Kadhafi voit ses appuis s’effriter. Si l’organisation continue officiellement d’appeler à un cessez-le-feu immédiat, ses membres sont désormais divisés.

La sortie la plus remarquée a été celle du président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz, qui préside le comité de chefs d’État de l’UA chargé de trouver une solution politique négociée au conflit libyen.

« Quoiqu’il arrive, il y aura une solution négociée, même avec le temps. Dans tous les cas, Kadhafi ne peut plus diriger la Libye », a-t-il déclaré mardi. « Son départ devient une nécessité. »

« Il y avait jusqu’à présent un discours de façade » de l’organisation continentale sur la Libye, et le départ de Kadhafi n’était jamais mentionné, témoigne une source diplomatique à l’UA.

« Mais dans les discussions directes avec Kadhafi, les chefs d’États [du panel sur la Libye] lui ont dit qu’il devait partir », affirme cette source. « Une majorité [des chefs d’État africains] sait qu’il n’y a pas d’autre alternative que son départ. »  (avec AFP)

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