Politique

Côte d’Ivoire : l’Onuci dénonce les exactions des FRCI pro-Ouattara

Les violences perpétrées par les FRCI du président Alassane Ouattara sont dénoncées par l’Onuci qui appelle à l’ouverture d’enquêtes impartiales. Et critique le manque de contrôle du nouveau pouvoir sur les anciens rebelles des Forces nouvelles…

Mis à jour le 9 juin 2011 à 17:47

Selon la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire (Onuci), les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), regroupant la plupart ex-Forces nouvelles (FN) du Premier ministre Guillaume Soro, multiplient les exactions en Côte d’Ivoire dans le sud du pays, faisant au moins deux morts et des dizaines de blessés.

« L’Onuci est particulièrement préoccupée par la multiplication d’incidents violents et d’attaques conduits par des éléments des FRCI contre plusieurs villages », a ainsi déclaré Guillaume Ngefa, de la division des droits de l’homme de l’Onuci, lors d’une conférence de presse à Abidjan.

Usage d’armes lourdes

Ngefa a déploré l’usage d’armes lourdes pour le maintien de l’ordre par les forces pro-Ouattara – des armes dont l’emploi par les forces pro-Gbagbo avait légitimé l’intervention de l’ONU pendant la crise. Le responsable onusien a exigé des enquêtes sur les incidents en recrudescence dans des zones réputées favorables à l’ancien président ivoirien : dans plusieurs localités autour d’Abidjan, mais aussi dans le sud-ouest et le centre-ouest du pays.

« À Becouesin [50 km au nord d’Abidjan], des éléments des FRCI ont investi le village et ont fait usage de la force mortelle. Ils ont ensuite arrêté une vingtaine de jeunes […] En cours de route, ils ont battu une autre personne qui est morte des suites de ses blessures », a expliqué M. Ngefa.

Opérations de ratissage

« À Yakassé-Mé [50 km au nord d’Abidjan], un vieillard s’est écroulé et est mort lorsqu’il tentait de fuir en brousse par crainte d’être arrêté par des éléments des FRCI qui avaient lancé une opération de ratissage », a-t-il poursuivi. Ces incidents ont fait au moins 45 blessés dont trois par balles, a précisé le responsable onusien avant d’ajouter que « des renforts des FRCI lourdement armés […] ont pris d’assaut le village en tirant et en tabassant les jeunes », poussant les habitants à fuir dans les forêts.

« À Domolon [55 km au sud-est d’Abidjan], une incursion de FRCI s’est soldée par une trentaine de blessés à coups de machettes et de crosses, des pillages à grande échelle et un exode massif de la population dans la brousse », a-t-il encore rapporté. Des constats qui rejoignent ceux de nombreuses ONG, dont la FIDH, Amnesty international et Human Rights Watch. (avec AFP)