Politique

Libye : l’insurrection s’étend, Kadhafi refuse toujours de partir

| Par Jeune Afrique
Des rebelles libyens entourent des soldats loyaux à Kadhafi, le 7 juin 2011.

Des rebelles libyens entourent des soldats loyaux à Kadhafi, le 7 juin 2011. © AFP

De multiples poches d’insurrection se seraient développées à l’ouest de la Libye, selon la rébellion et l’Otan. Mais Kadhafi rejette toujours l’idée même de quitter le pouvoir ou le pays pour y ramener la paix.

Plus le pouvoir de Tripoli s’effrite, moins les représailles de Mouammar Kadhafi sont à craindre. Et plus les foyers d’insurrection se multiplient en Libye. À Zawiyah notamment (40 km à l’ouest de la capitale libyenne), les combats ont repris après deux mois d’accalmie. Les forces gouvernementales avaient repris le contrôle de la ville en mars, mais les rebelles ont semble-t-il bien progressé samedi.

« Les combats continuent depuis hier entre les bataillons de Kadhafi et les rebelles de Zawiyah, engendrant un grand nombre de blessés », a indiqué une source rebelle, ajoutant que les forces loyalistes avaient coupé la route menant à la frontière tunisienne pour « empêcher l’afflux des réfugiés ».

Les combats ont également été très rudes dans les montagnes berbères de l’ouest, où au moins sept rebelles sont morts et 49 blessés. L’enjeu de ces affrontements avec les pro-Kadhafi était de desserrer l’étau autour de la ville de Zenten.

La "Perle du désert" se révolte

Selon des informations encore non confirmées de source indépendante, l’insurrection s’est également étendue à la ville historique de Ghadames, située à la frontière de la Tunisie et de l’Algérie (600 km au sud-ouest de Tripoli). Connue sous le nom de « Perle du désert », celle-ci est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1986. « Les bataillons de Kadhafi ont pilonné samedi cette ville pour la première fois depuis le déclenchement de la révolution », le 15 février, a indiqué une source rebelle.

Sur la côte à l’ouest de Tripoli, les forces de Kadhafi perdraient aussi du terrain, selon l’Otan et les rebelles. « Le long de la côte nord-ouest de la Libye, entre Tripoli et la frontière tunisienne, des Libyens depuis longtemps lassés du régime [du leader Mouammar] Kadhafi remettent en cause ouvertement sa légitimité et, en agissant ainsi, sont sous la menace d’attaques », a indiqué l’Alliance atlantique dans un communiqué. « L’Otan suit la situation de près et fait le nécessaire pour protéger les civils », précise le texte.

Selon le Conseil national de transition (CNT, rébellion), des manifestations anti-régime auraient même touché vendredi et samedi la ville de Sabha, l’un des fiefs de la famille Kadhafi situé à 800 km de Tripoli. Les forces de l’ordre auraient tiré sur les manifestants et tué l’un d’entre eux.

Objectif Brega

Sur le front est, les choses semblent également évoluer de manière favorable aux rebelles. Verrou stratégique sur la route de Syrte et Tripoli, la cité pétrolière de Brega (80 km à l’ouest d’Ajdabiya) est l’objectif des rebelles depuis que la ville a été reprise par les forces du régime il y a plusieurs semaines. « Dans deux jours nous serons à Brega », a déclaré Moussa el-Mograbi, un des commandants des rebelles dans cette zone.

Sur le plan diplomatique, Kadhafi enregistre revers sur revers – à l’exception de la demande du président malien Amadou Toumani Touré à l’Otan d’arrêter les bombardements. Mais le porte-parole du gouvernement libyen a indiqué que le régime rejetait toute discussion au sujet d’un départ du colonel Kadhafi, coupant court à l’offre de la Turquie qui s’était portée garante de son éventuel exil. Selon M. Ibrahim, une telle suggestion est « immorale, illégale » et n’avait « aucun sens ».

Enfin, les Émirats arabes unis ont reconnu dimanche le CNT, comme « l’unique représentant légitime du peuple libyen », devenant ainsi le deuxième pays arabe, après le Qatar, et le 12e pays dans le monde à reconnaître l’organe politique de la rébellion. Après la France, le Qatar, le Royaume-Uni, l’Italie, la Gambie, Malte, la Jordanie, le Sénégal et l’Espagne, l’Australie et les États-Unis. (avec AFP)

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