Politique

Madagascar : persona non grata, Marc Ravalomanana promet de rentrer

| Par Jeune Afrique
Malgré les mises en garde, Marc Ravalomanana n'en démord pas de retourner à Madagascar.

Malgré les mises en garde, Marc Ravalomanana n'en démord pas de retourner à Madagascar. © Alexander Joe/AFP

Les forces de sécurités malgaches se sont déclarées opposées « dans l’immédiat » au retour de l’ex-président Marc Ravalomanana, aujourd’hui en exil. Ce dernier a pourtant fait savoir mercredi qu’il promettait de rentrer à Madagascar, malgré l’opposition de l’armée et de la police.

« Je rentre, sans condition, pour faire la paix, par choix de la démocratie contre la tyrannie et pour aider au début d’un dialogue entre Malgaches, pour assurer que personne ne puisse plus jamais s’emparer du pouvoir à Madagascar de manière unilatérale et violente », a déclaré Marc Ravalomanana dans un communiqué publié en Afrique du Sud où il vit en exil depuis son renversement en mars 2009.

Le chef d’état-major général des armées André Ndriarijaona, le commandant de la gendarmerie Jean Bruno Razafindrakoto et le directeur général de la police nationale Désiré Ranaivoson ont fait savoir lors d’une conférence de presse que « les forces de l’ordre malgaches composées de l’armée, de la gendarmerie nationale et de la police nationale […] s’opposent fermement au retour dans l’immédiat de l’ancien président Marc Ravalomanana pour préserver l’ordre et la sécurité publique ».

Les trois hauts gradés ont également indiqué qu’ils étaient déterminés « à prendre toutes les dispositions nécessaires dans la mise en œuvre de la présente déclaration ». Ils se sont par ailleurs dit « profondément préoccupés par les risques et les menaces réelles de troubles et d’affrontements que peuvent causer le retour de l’ancien président », qui pourrait entraver « le retour progressif à la normale de la vie de la nation depuis le début de l’année 2011 ».

Retour des réfugiés politiques

Leurs propos interviennent quelques jours après le sommet de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) qui s’est tenu le 12 Juin en Afrique du Sud. La SADC a publié une feuille de route « qui doit ramener Madagascar à l’ordre constitutionnel » et qui demande au régime actuellement en place à Antananarivo de permettre le retour des réfugiés politiques, « y compris Marc Ravalomanana ».

Une première version de cette feuille de route avait été préparée par une équipe de médiation de la SADC. Elle prévoyait que l’actuel homme fort de l’île, Andry Rajoelina, reste au pouvoir jusqu’à l’organisation d’élections générales, auxquelles il pourrait se présenter en tant que candidat. Mais alors que cette première version interdisait le retour de l’ancien président Ravalomanana, en exil en Afrique du Sud, la seconde version approuvée dimanche préconise au contraire son retour.

Retour pour faire face aux "affaires"

De son côté, celui qui dirige la transition démocratique du pays, Andry Rajoelina, a feint d’ignorer mardi la recommandation de la SADC. L’ex-maire de la capitale, qui avait renversé l’ancien président à l’aide de l’armée a déclaré que « la feuille de route stipule clairement que Marc Ravalomanana peut rentrer au pays au moment propice, dans des conditions sécuritaires favorables ».  Avant d’ajouter que si l’ancien président revenait au pays,  « des affaires » l’attendent. Marc  Ravalomanana avait en effet été condamné en août 2010 aux travaux forcés à perpétuité pour son rôle dans la tuerie du 7 février 2009.

La garde présidentielle avait tiré sans sommation sur une foule qui se dirigeait vers le palais présidentiel abritant les bureaux de Marc Ravalomanana, dans le centre d’Antananarivo. Au total, 36 morts et près d’une centaine de blessés étaient à déplorer.

Madagascar est engluée dans une crise politique et économique, depuis le renversement en mars 2009 du président Marc Ravalomanana. Ce dernier avait remis ses pouvoirs à un directoire militaire qui les avait immédiatement transférés à Rajoelina. Devenu en quelques mois le principal opposant du président, Rajoelina s’était fait le porte-parole de nombreux Malgaches touchés par la hausse des prix et qui voyaient leur président comme un affairiste coupé de la population. Il a depuis pris la tête de la Haute autorité de transition. (Avec AFP)

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