Défense

Niger : le coup de griffe de l’armée contre Aqmi

Des militaires nigériens, le 25 septembre 2010 dans le nord du Niger.

Des militaires nigériens, le 25 septembre 2010 dans le nord du Niger. © AFP

L’armée nigérienne continue de ratisser la zone du nord du pays où elle a eu un accrochage dimanche avec des combattants d’Aqmi. Donnant la priorité à la lutte contre les terroristes islamistes, l’état-major a réussi mercredi à intercepter deux de leurs véhicules.

Si l’organisation terroriste Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) frappe de plus en plus au Niger, l’armée nigérienne a contre-attaqué mercredi. Après l’accrochage dimanche 12 juin 2011, entre des militaires et des combattants d’Aqmi, qui a fait deux morts dont un soldat, les poursuites engagées par l’état-major ont conduit à la destruction de deux véhicules de l’organisation ayant servi durant l’attaque, d’après une source des services de sécurité nigériens.

Selon cette même source, l’armée nigérienne, qui avait reçu des renforts ces derniers jours, a « neutralisé » l’un des deux véhicules en milieu de matinée, entre Arlit et Agadez (la capitale régionale). Elle a retrouvé l’autre engin peu après, abandonné plus à l’ouest en direction de la localité d’Ingal. Le troisième véhicule utilisé avait été réduit en cendres dimanche.

C’est grâce au guide nigérien des terroristes d’Aqmi, Apta Mohamed, qui s’est livré lui-même à la gendarmerie d’Arlit, que l’enquête a pu avancer et permettre la destruction de ces deux véhicules. Apta Mohamed est connu pour être un ex-combattant des rébellions touarègues, qui ont sévi dans la région d’Agadez au cours des années 1990 et de 2007 à 2009.

La piste islamiste confirmée

La source anonyme a également indiqué que les hommes armés de la fusillade étaient bien des éléments islamistes d’Aqmi, qui détient toujours quatre des sept otages enlevés en septembre dernier. Mardi, le ministère de la Défense avait d’abord qualifié ces éléments de « bandits armés ».

Entrés sur le territoire nigérien via l’Algérie, selon la radio RFI, les trois 4X4 roulaient depuis de la Libye voisine. L’information a été confirmée par les caisses d’explosifs (640 kg), et de détonateurs (435), retrouvées dans le véhicule abandonné et estampillées « Libye », a rapporté une source militaire. À bord du véhicule abandonné, 90 000 dollars américains (environ 63 612 euros) ont été découverts, selon le journal burkinabè Le Pays.

Aucune précision n’a été donnée  ni sur la destination des combattants terroristes ni sur les conditions de cette opération de poursuite. L’intervention apporte néanmoins une preuve supplémentaire du transfert d’armes de la Libye en crise vers l’Afrique subsaharienne, au profit de terroristes comme les combattants d’Aqmi.

"Baptême du feu" pour Mahamadou Issoufou

Alors que l’armée nigérienne poursuivait près d’Arlit les deux véhicules, au même moment, le ministre de la Défense Karidjo Mamadou réaffirmait la volonté du gouvernement et du président Mahamadou Issoufou de renforcer les mesures de sécurité dans la zone, selon la télévision publique.

Devenue essentielle depuis la résurgence de l’organisation islamiste l’an dernier,  la lutte contre Aqmi devient donc, selon Le Pays, un vrai « baptême du feu » pour le président Issoufou, tout juste élu en mars dernier. En effet, cet accrochage intervient alors même que les autorités nigériennes envisageaient le retour prochain des expatriés sur les sites miniers d’Arlit et d’Imouraren. (avec AFP)

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