Politique

RDC : verdict reporté d’une semaine dans le procès Chebeya

Mis à jour le 16 juin 2011 à 16:50

Il faudra attendre encore une semaine avant de connaître le verdit dans le procès de l’affaire Chebeya, renvoyé au 23 juin. Motif : « un juge malade »…

L’excuse paraît un peu faible, surtout quand on sait à quel point est attendue en République démocratique du Congo (RDC) l’issue du procès relatif à l’assassinat du militant des droits de l’homme Floribert Chebeya et de son chauffeur Fidèle Bazana, début juin 2010. « Le verdict a été reporté à jeudi prochain (le 23 juin). Il y a un juge de la cour qui est malade », a simplement déclaré jeudi matin la greffière en chef de la cour, Marie-Josée Benteke.

À l’entrée de la prison centrale de Makala à Kinshasa, où se tient depuis novembre 2010 le procès des huit policiers prévenus (dont le chef adjoint des services spéciaux, le colonel Daniel Mukalay), l’annonce du report a été accueilli avec la plus grande incompréhension. De fait, peu de monde avait été prévenu : des avocats de la défense et des parties civiles, mais aussi plusieurs dizaines de militants des droits de l’homme et même un représentant du ministère public, le colonel Franck Molisho, se sont présentés comme prévu au centre de détention pour entendre le verdict.

"Manœuvre de la cour"

« Je suis surpris d’apprendre comme tout le monde que l’audience est reportée. Normalement la cour doit venir déclarer au cours d’une audience qu’il y a report », a relevé Me Willy Bawikila, de la partie civile. « Nous avons été informés par la cour qu’il y aurait audience aujourd’hui. Et jusque-là il n’y a pas d’information [officielle, NDLR] contraire », a déclaré Me Didier Dimina, avocat de la défense.

« C’est une manœuvre de la cour (…) Elle pouvait venir et annoncer le report. Ce procès est une comédie », a dénoncé de son côté Dolly Ibefo, directeur de l’ONG la Voix des sans-voix (VSV), dirigée avant lui par Floribert Chebeya.

Seuls cinq prévenus sur les huit ont comparu, les trois autres étant en fuite. La peine de mort a été requise contre le colonel Mukalay, un lieutenant et les trois fugitifs, et une peine de 20 ans de prison contre les trois autres accusés présents. (avec AFP)