Politique

Agir pour le Congo, ou la tentation de l’émancipation

À Brazzaville, le 17 juin, pour l'ouverture de la convention. © D.R.

Parti de la majorité présidentielle, Agir pour le Congo a tenu sa première convention les 17 et 18 juin à Brazzaville. Le temps de mesurer ses forces et de se positionner pour les échéances à venir.

Au moment où le Parti congolais du travail (PCT), le parti présidentiel traverse une zone de turbulences et se prépare pour son 6e Congrès extraordinaire prévu en juillet, Agir pour le Congo a organisé sa première convention nationale, les 17 et 18 juin à Brazzaville. Pour Henri Ossebi, président de cette formation et ministre de la Recherche scientifique, ces assises avaient deux objectifs. Un : dresser un état des lieux afin d’évaluer son poids réel sur l’échiquier politique congolais. Deux : se préparer en fonction des élections législatives de 2012, les sénatoriales de 2013 et la présidentielle de 2016.

Cependant, la tenue de cette convention le jour même où le PCT achevait les travaux de son comité central est interprétée comme une façon subtile mais évidente de mettre la pression sur le parti dominant de la majorité. Dans son discours, Henri Ossebi a affirmé qu’« Agir pour le Congo existe et il faut faire avec ». Une façon de prendre date par rapport à l’ouverture aux autres forces politiques actuellement en débat au sein du PCT. Pour Ossebi, « s’il y a ouverture, celle-ci doit être déclinée en des termes de référence précis. Cela doit aboutir à une reconfiguration de l’espace politique pour une majorité présidentielle dynamique ».

Égratignures

Autrement dit, il s’agit de « voir clair » dans ce que le parti majoritaire peut proposer et les conditions qu’il posera. Agir pour le Congo se fondra-t-il dans le PCT ? Tout en rejetant cette éventualité, Ossebi (ci-contre, en photo) n’exclut pas « une mise en commun des ressources humaines ». Ce qui ne l’a pas empêché d’égratigner l’ancien parti unique où « persistent (…) encore des pesanteurs lourdes, des logiques d’appareils et une rigidité doctrinale, souvent à contre-courant des mutations sociales et générationnelles ». D’où l’ambition affichée de capter un électorat « devenu de plus en plus indifférent aux anciens discours ou schémas politiques surannés ».

Agir pour le Congo a vu le jour il y a neuf ans. C’était au départ une association créée par des proches du président Denis Sassou Nguesso, plus ou moins liés au PCT, avant de se transformer en parti politique. Il compte quatre députés à l’Assemblée nationale, un sénateur et une trentaine de conseillers départementaux. Son leader estime que le nombre de ses élus n’est pas à négliger. « Quand on connaît la culture politique congolaise, ce n’est pas rien. On était habitué à voir un seul roi dans la forêt ». Et il n’exclut pas de chasser sur les terres de l’ex-parti marxiste-léniniste en attirant la jeunesse grâce à « un langage et des techniques appropriés ».  

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Tshitenge Lubabu M.K., envoyé spécial à Brazzaville

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