Société

Ben Ali affirme avoir été contraint de quitter la Tunisie « par la ruse »

L’ancien président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali est jugé par contumace à Tunis depuis ce lundi. Depuis l’Arabie saoudite où il s’est réfugié, il conteste les accusations portées contre lui et affirme avoir été contraint à l’exil par la « ruse » de son entourage.

Mis à jour le 20 juin 2011 à 16:25

Ben Ali, le 22 décembre 2010 à Tunis. © AFP

Alors que son procès, dont il a immédiatement demandé le report, s’est ouvert ce lundi à Tunis en son absence, Zine el-Abidine Ben Ali s’est une nouvelle fois exprimé par le biais de ses avocats. L’ancien président tunisien continue de contester les charges retenues contre lui – il est sous le coup de 93 chefs d’accusation – et affirme désormais qu’il a été obligé de quitter la Tunisie, le 14 janvier dernier, « par la ruse ».

« M. Ali el-Seriati [ex-directeur général chargé de la sécurité présidentielle, NDLR] a insisté pour que j’accompagne ma famille à Jeddah pour quelques heures afin que les services de sécurité puissent déjouer le complot et garantir ma sécurité », indique Ben Ali dans un communiqué publié lundi. Selon lui, El-Seriati lui avait affirmé le 14 janvier que le palais présidentiel était encerclé et qu’on voulait l’assassiner.

"Je suis resté à Jeddah contre ma volonté"

« J’ai pris alors l’avion avec ma famille (…) mais après notre arrivée à Jeddah, l’avion est rentré à Tunis sans m’attendre contrairement à mes ordres clairs », poursuit l’ex-président. « Je suis resté à Jeddah contre ma volonté. Plus tard, il a été annoncé que je me suis enfui de Tunisie ».

Dans le même communiqué, son avocat libanais Akram Azouri affirme que l’ex-raïs n’a donc ni « abandonné » son poste de président de la République ni « pris la fuite ». Il précise néanmoins que « cela ne veut pas dire que M. Ben Ali se considère encore comme le président de Tunisie ».

L’ancien chef d’État en profite aussi pour nier une nouvelle fois toutes accusations portées contre lui, lesquelles vont du détournement de fonds publics à la détention d’armes et de stupéfiants. « L’objectif est de représenter la période précédente comme le mal absolu en vue de préparer les Tunisiens à accepter un nouveau système politique qui est élaboré à leur insu et par des extrémistes », écrit-il dans une claire allusion au parti islamiste Ennahdha.

"Cadeaux officiels"

« Lors des derniers événements, je n’ai pas donné l’ordre de tirer à balles réelles sur les manifestants », indique encore Ben Ali, passible de 5 à 20 ans de prison selon le ministère tunisien de la Justice. « Je ne possède personnellement aucun compte bancaire en dehors de Tunisie, ni en Suisse, ni en Autriche, ni dans tout autre pays (….) ou de bien mobilier ou immobilier en France ou ailleurs », ajoute-t-il, en précisant que les bijoux de son épouse Leïla Trabelsi, saisis par les autorités tunisiennes, sont en réalité des « cadeaux officiels offerts par des chefs d’État ».

Par la suite, la justice militaire tunisienne doit instruire d’autres dossiers plus graves contre Ben Ali et des membres de son entourage. Il s’agit d’accusations d’homicides, de torture et de blanchiment, dont certaines sont passibles de la peine de mort. La répression de la révolution tunisienne a fait quelque 300 morts. (avec AFP)