Politique

ONU : une journée pour changer la vie des veuves

La première Journée internationale de la veuve se déroule le 23 juin 2011. © D.R.

Pour la première fois, l’ONU célèbre le 23 juin la "Journée internationale de la veuve", instituée sur proposition du Gabon. L’occasion de rappeler qu’après avoir perdu leur conjoint, des millions de femmes dans le monde se trouvent, avec leurs enfants, dans une situation de grande détresse.

Célébrée le 23 juin, la première « Journée internationale de la veuve » a été instituée par une résolution présentée par le Gabon et adoptée par consensus lors de l’Assemblée générale des Nations unies en décembre 2010. Cet événement, dont le but est de sensibiliser l’opinion et d’obtenir une meilleure défense des droits des veuves dans le monde est primordial à plus d’un titre.

D’abord par l’ampleur méconnue du drame silencieux que vivent de nombreuses veuves. Elles sont 245 millions dans le monde et plus de 100 millions d’entre elles vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Discriminées, déshéritées, accusées de sorcellerie, expulsées du domicile conjugal, violées ou mariées de force à un autre membre de la famille, leur situation est souvent plus que désastreuse.

Souffrances supplémentaires

Il va sans dire que leur vulnérabilité est particulièrement accrue dans les pays en conflits armés. Deux millions de veuves afghanes et 740 000 Irakiennes, par exemple, survivent avec des orphelins à charge dans des conditions de grande précarité. Et les violences ethniques sont également un facteur de souffrance supplémentaire pour elles… quand elles ne sont pas victimes, à l’instar d’autres femmes, de l’utilisation du viol comme arme de guerre. Ce qui est notamment le cas à l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

De fait, la multiplication des conflits armés induit une augmentation des situations de détresse chez les femmes esseulées après avoir perdu leur conjoint. Mais dans les pays en paix, leur situation mérite également considération. Dans les communautés hindoues, en Inde, en particulier, où 42 millions de veuves n’ont pas le droit de se remarier, leur statut social leur vaut d’être exclues, discriminées, déconsidérées.

Changer les mentalités

En Afrique, le Gabon s’est distingué dans le combat pour le changement de la condition des veuves. La Fondation Sylvia Bongo Ondimba, en particulier, s’est donné pour but de changer les mentalités et d’obtenir que les veuves soient mieux protégées. Première victoire de poids, un Conseil des ministres tenu le 1er juin a adopté un projet de loi interdisant d’expulser les veuves du domicile conjugal.

Selon l’ordre successoral modifié par le nouveau texte, le conjoint survivant passe désormais avant les père et mère du conjoint décédé. La fondation de la première dame, qui a prévu une série d’activités dont un symposium le 25 juin prochain à Libreville, envisage de créer un observatoire pour la défense des droits des veuves au Gabon.

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Voir ici le site de la Fondation Sylvia Bongo Ondimba.

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