Religion

Maroc : vague de manifestations pour et contre le projet de révision constitutionnelle

"Non à l'injustice sociale", scandaient les manifestants.

"Non à l'injustice sociale", scandaient les manifestants. © AFP

Les opposants au projet de révision constitutionnelle proposé par le roi Mohammed VI se sont rassemblés dimanche pour exprimer leur mécontentement. Mais ils étaient aussi très nombreux dans les rues pour soutenir les réformes qui seront soumises à référendum le 1er juillet.

« Les Constitutions octroyées à la poubelle », « Non à l’injustice sociale », « Nous boycotterons le référendum » ont scandé les milliers de manifestants qui s’étaient rassemblés dans les grandes villes du Maroc, ce dimanche. La mobilisation pacifique lancée par le Mouvement du 20 février a été largement suivie à Casablanca, notamment dans le quartier populaire de Hay Mohammadi où plus de 7 000 personnes se sont réunies.

« Je suis ici parce que je refuse toute Constitution octroyée. Je veux une monarchie parlementaire », racontait Hamid, un membre du Mouvement. Ces contestataires s’opposent au projet de réforme constitutionnelle, annoncé par le souverain lors d’une allocution télévisée vendredi 17 juin. Cette révision a pour objectif d’augmenter les prérogatives du Premier ministre, tout en maintenant le statut religieux du monarque et son rôle de chef de l’État. Une révision jugée insuffisante par le Mouvement, qui, comme trois partis de gauche, a appelé au boycott du référendum le 1er juillet.

Larges soutiens au projet de réforme

Ces réformes conviennent pourtant à une large frange de la population. Dimanche, en marge des contestations, des manifestants se sont rassemblés en grand nombre à Casablanca (voir photo ci-contre, © AFP). Des « dizaines de milliers de personnes », selon une source du ministère de l’Intérieur, auraient ainsi exprimé leur soutien au projet constitutionnel. Ces personnes répondaient à l’appel des partis politiques qui ont déclaré pour la plupart être favorables à la réforme de la Constitution. La confrérie religieuse « Zaouia Boudchichia », dirigée par le Cheikh Hamza, en accord avec le pouvoir marocain, avait aussi mobilisé nombre de ses « disciples ».

« On n’est pas un parti politique, mais il y a une dynamique politique régionale, et notre jeunesse veut l’accompagner pacifiquement pour soutenir le projet royal », a déclaré Lahcen Sbaï Idrissi, le porte-parole de la confrérie.

Aucune confrontation entre les deux franges des manifestants n’a été relevée. « L’option pacifique est une stratégie fondamentale. Dimanche dernier, nous avions changé de lieu de manifestation pour éviter tout affrontement avec les contre-manifestants », a déclaré un jeune de 20 ans. Le 19 juin, des opposants répondant à l’appel du Mouvement du 20 février, s’étaient trouvées face à des partisans de la réforme.

"Nous utiliserons la rue jusqu’à la réalisation de notre objectif"

Des manifestations se sont par ailleurs tenues à Tanger (nord) et Marrakech (sud) pour dénoncer le projet. En revanche, la mobilisation était bien plus faible dans la capitale. Sous la chaleur étouffante de Rabat, ils n’étaient qu’un millier à défiler dans les rues.

Le ministre de l’Industrie marocain, M. Réda Chami avait jugé, mardi 21 juin, que les oppositions à la révision constitutionnelle seraient insuffisantes pour provoquer d’autres vagues de manifestations. Selon Chami, le peuple « fatigué des protestations » devrait apprécier la nouvelle Constitution de manière « très positive ».

Pourtant, le Mouvement du 20 février ne semble pas prêt à laisser ses revendications de côté : « Il s’agit de manifestations pacifiques nationales, les cinquièmes, pour montrer que nous utiliserons la rue jusqu’à la réalisation de notre objectif : une véritable monarchie parlementaire », a déclaré Ahmed Mediany, un militant de gauche et membre de la section de Casablanca du Mouvement du 20 février. (Avec AFP)

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