Politique

Tunisie : Ennahdha se retire de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution

Le président d'Ennahda (Renaissance), Rached Ghannouchi, le 6 juin 2011 à Tunis. © AFP

Le chef d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, a annoncé le retrait de sa formation politique de la commission pour les réformes de la révolution tunisienne. Le manque de représentativité de cette dernière et la politique de sa direction sont mises en cause par le mouvement islamiste, mais aussi par le PDP de Ahmed Néjib Chebbi.

Le mouvement islamiste tunisien Ennahda (Renaissance) de Rached Ghannouchi ne veut plus faire partie des instances chargées de piloter les réformes en Tunisie après la chute de Ben Ali. « Le mouvement Ennhada se trouve dans l’obligation de se retirer définitivement de la commission » pour la réalisation des objectifs de la révolution, la réforme politique et la transition démocratique, a déclaré Rached Ghannouchi.

Pour le leader historique d’Ennahdha, la Haute instance créée fin février et présidée depuis par Yadh Ben Achour est utilisée par certains pour « promouvoir leurs propres objectifs ». La commission « croit avoir une légitimité populaire, alors qu’elle n’en a pas », a renchéri Ghannouchi, qui accuse l’instance de se prendre pour « un Parlement ». « Qui êtes-vous pour vouloir fixer des lois essentielles pour le peuple ? », a lancé Ghannouchi qui fait porter la « responsabilité de la sortie » de son mouvement à la commission.

En clair, il ne ferme pas complètement la porte à un retour, tout en soumettant l’instance à un chantage clair. Il s’agira d’un « retrait définitif si la haute commission continue d’ignorer le principe du consensus. S’il y a retour à la raison du consensus, nous pourrons étudier notre retour », indique-t-il.

Contentieux économique

Le mouvement islamiste se livre donc à un nouveau bras de fer avec la Haute instance, qu’il avait déjà quittée après la polémique sur le report des élections de la Constituante, désormais fixées au 23 octobre.

Mais le contentieux ne porte pas que sur les méthodes jugées peu consensuelles de la commission. Il est aussi économique et concerne les règles de financement des partis que la commission veut établir. Les grandes formations politiques, qui disposent déjà de ressources conséquentes, ne veulent visiblement pas voir leur marge de manœuvre réduite.

Un autre désaccord porte sur l’inclusion ou non dans le « Pacte républicain », un texte qui doit servir de socle pour la nouvelle Constitution tunisienne, d’une mention interdisant toute normalisation des relations avec Israël.

Les critiques des islamistes ne sont pas isolées. Elles rejoignent celles du Parti démocratique progressiste (PDP), de Ahmed Néjib Chebbi, qui juge la commission « peu représentative », car ses membres ne sont pas élus. « Plus tôt elle partira, mieux ça sera pour le pays », avait déclaré il y a peu Néjib Chebbi. (avec AFP)

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