Politique

Libye : aucun accord n’est sorti du conseil Russie-Otan

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Mis à jour le 5 juillet 2011 à 10:21

La réunion du conseil Russie-Otan n’a pas permis aux deux parties de régler leur différend quant aux bombardements de l’Alliance atlantique en Libye. La solution pacifique demandée par la Russie et l’Afrique du Sud n’a pas aboutie.

Le conseil Russie-Otan n’aura pas servi à faire avancer les choses en Libye. Le règlement pacifique du conflit libyen, quémandé par Moscou, tout comme par l’Afrique du Sud, ne semble pas convenir à l’organisation atlantique. Aucun accord n’a pu satisfaire les deux parties, à l’issue de la rencontre qui s’est tenue mardi à Sotchi, sur les bords de la mer Noire.

Lors de cette rencontre, les ambassadeurs des 28 États membres de l’Otan, qui rencontraient le secrétaire général de l’Alliance Anders Fogh Rasmussen, ont débattu autour de la résolution 1973 qui a autorisé le recours à la force en Libye.

"Pas la même vision que l’Otan"

« Pour le moment, nous n’avons pas la même vision que l’Otan sur la manière de mettre en œuvre cette résolution », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Moscou n’a jamais accepté cette résolution et s’était abstenu en février au Conseil de sécurité. Depuis lors, la Russie n’a cessé de dénoncer les abus d’interprétation de cette résolution par l’Otan. Un avis que ne partage pas M. Rasmussen, convaincu du bien-fondé de cette décision, dont la mise en œuvre a été « jusqu’à présent » un « succès ».

Même les livraisons d’armes par la France aux rebelles libyens ont fait l’objet d’un accord par le secrétaire général de l’Alliance, un acte que la Russie avait eu du mal à avaler, argumentant que la résolution permettait « à n’importe qui de faire n’importe quoi ».

L’avis des Russes est partagé par le président sud-africain Jacob Zuma. Les chefs d’État des deux pays s’étaient, plus tôt dans la journée de mardi, rencontrés en marge du sommet, afin de discuter de leur volonté commune de trouver une issue diplomatique au conflit libyen. « J’aimerais que [les représentants de l’Otan] entendent, à la fois de ma part et peut-être de la vôtre, Monsieur le président [Zuma], ce qui se passe dans ce pays », a déclaré le président russe Dmitri Medvedev.

L’Union africaine a également, de son côté, tenté de trouver un règlement diplomatique à la situation libyenne. Un accord-cadre, prévoyant d’écarter le colonel Mouammar Kadhafi, a été adopté par l’organisation panafricaine. Le document précise en outre que les États de l’UA refusent d’appliquer le mandat d’arrêt international prévu par la Cour pénale internationale (CPI) à l’encontre du « Guide », et n’appelle pas Mouammar Kadhafi à céder le pouvoir aux rebelles libyens.

Éliminer physiquement Kadhafi

Ces dernières dispositions ont provoqué le rejet dimanche du document par le Conseil national de transition (CNT) libyen.  L’accord-cadre « n’inclut pas le départ de Kadhafi, de ses fils et de son cercle rapproché », a argumenté Abdel Hafiz Ghoga, l’un des porte-parole du CNT, pour expliquer leur refus.

Le fils aîné du dictateur libyen, Mohamed Kadhafi, a pour sa part accusé les Occidentaux de vouloir « éliminer physiquement » son père. Des commandos auraient été envoyés dans le but de satisfaire cette mission selon les propos du président russe de la Fédération internationale des échecs (Fide), Kirsan Ilioumjinov, en visite en Libye.

Deux embarcations en provenance du Qatar transportant des armes auraient également été interceptées à Zanzour, à l’ouest de Tripoli.

Sur le front libyen, les combats se poursuivent. Quatre rebelles auraient été tués par des roquettes à sous-munitions, d’après les dires de sources médicales à Misrata. Dans la même ville, les forces de Mouammar Kadhafi se seraient attaquées à des quartiers résidentiels à coup de roquette, comme l’a indiqué le site des rebelles libyens. (avec AFP)