Elections

Faut-il se passer des élections en Afrique ? Les réponses de nos internautes…

| Écrit par Mathieu Olivier
Certains de nos internautes ne voient pas l’utilité d’élections jouées d’avance.

Certains de nos internautes ne voient pas l'utilité d'élections jouées d'avance. © D.R.

Vous avez été nombreux à répondre à la question : « Les élections en Afrique, faut-il s’en passer ? » Notre sélection des « oui », « non » et des réponses plus nuancées.

La démocratie n’est pas une recette toute faite qu’on pourrait importer de Washington, Paris, Londres ou d’ailleurs. Ce n’est pas non plus un concept totalement flou, mais il reste désincarné pour de nombreux internautes de jeuneafrique.com. Non parce que le principe de l’élection au suffrage universel n’est pas reconnu sur le continent, mais parce que les scrutins paraissent « inadaptés » ou « coûteux » et qu’il vaudrait mieux « investir ailleurs », dans la santé ou l’éducation notamment. L’élection est ainsi souvent perçue comme un vaste gaspillage ou une mascarade sans nom. À l’inverse, elle est parfois synonyme de garantie démocratique et préfigure même, pour certains, l’émergence d’une nouvelle identité africaine… Les élections en Afrique, faut-il s’en passer ? Réponses de nos internautes.

Ils ont répondu « Oui »

Gaby Lov : On pourrait se passer des élections en Afrique dans leur forme actuelle. Ça ne donne rien de venir imposer un modèle sans tenir compte des réalités locales. Les administrations africaines n’ont fait que l’appliquer sans vraiment en comprendre le fonctionnement, sans tenir compte des réalités qui sont très différentes de celles des pays occidentaux. Un système électoral ? Oui ! Mais aux couleurs du pays avec, avant tout, de l’éducation et de la sensibilisation.

On incite les gens à aller voter quand, très souvent, ils n’en mesurent même pas la portée, voire quand ils n’ont pas de quoi « bouffer » le matin. Est-ce-que voter est leur priorité ? Je ne pense pas. Au contraire, ils perdent une matinée qui aurait pu être lucrative au marché. Alors, avant de parler d’élections, de vote, etc… commençons par subvenir à nos besoins de base et à éduquer nos populations.

Aboubacar Konaté : Vu tout ce qui se passe aujourd’hui, les élections ne sont pas nécessaires. Les vainqueurs étant déjà connus, ce n’est pas la peine de gaspiller notre argent ! Mieux vaut investir cette somme dans d’autres domaines tels que l’agriculture pour nous donner a manger même si la monarchie et la longévité de nos vieux au pouvoir ne mènent nulle part.

Les indécis : « Oui et non »

Prince Évrard Loumbouzou : Oui et non. Oui, car visiblement après quelque cinquante ans d’indépendance et près de vingt ans de démocratie pour la plupart des États africains, aucun d’eux ne présente encore une bonne santé démocratique. Les modèles de démocratie en Afrique (Bénin, Sénégal…) sont tous devenus des dictatures. Seuls quelques-uns (comme le Ghana) laissent présager une bonne démocratie. De plus, les résultats après ces fameux scrutins sont toujours problématiques vu le déroulement de ceux-ci.

Non, parce que le comportement antidémocratique ne fait qu’avilir l’image de l’Afrique. Il la laisse à la marge du développement social, économique, politique et technologique que connaissent les pays du Nord. Nous devons nous arrimer au développement. L’Afrique n’était sans doute pas prête à accepter la démocratie dans les années 90, mais elle l’est dans ces années 2010. Le printemps arabe en est une parfaite illustration. En attendant un éventuel « été africain », après le fameux printemps arabe, laissons la démocratie s’exprimer en Afrique !

Faustin K. Sadi : Totalement s’en passer ? Non. Les maintenir telles que l’occident nous les imposent ? Un autre problème. Les élections peuvent jouer un grand rôle social en Afrique. J’estime plutôt que dans leurs formes et contenus actuels, elles paraissent éloignées des us et coutumes, de la conception de l’autorité et du mode d’accession au pouvoir politique dans certaines cultures et sociétés.

Les mentalités n’ayant pas évolué en même temps que le désir brusque de ressembler aux autres au moment des indépendances, la manipulation de l’Occident et son immixtion dans le processus empêchent l’expression populaire et dénaturent les élections. La preuve : combien de pays africains financent eux-mêmes totalement leurs élections « démocratiques » ?

Ils ont répondu « Non »

Sidy Lamine Dia : Se passer des élections revient à faire table rase de ce qu’on appelle la « démocratie représentative ». Ceci nous ramène à l’ère de la royauté. Les dictateurs de jadis avaient réussi en bâillonnant leur peuple. Ce procédé pernicieux n’est plus possible. La liberté que réclamait nos pères n’est plus une revendication à notre ère : on la vit au quotidien.

Rien ne passe plus inaperçu dans ce monde, qu’on le veuille ou non : toute velléité de fraude ou d’intimidation de quelque nature que se soit est mise à nue à travers les médias, Internet et autres. Il y a certes beaucoup de manquements dans l’organisation et le déroulement des élections en Afrique. Il faudra les modifier et les améliorer mais pas s’en passer.

Terrence Hn : On ne sortira jamais du cercle vicieux si nous optons pour cette solution de supprimer les élections en Afrique. Les choses seront encore plus compliquées. Certes, c’est encore un semblant de démocratie et de la mascarade qu’on nous sert dans plusieurs pays pour faire plaisir à la communauté internationale mais nous devons regardez les choses en face. Il y a eu beaucoup d’amélioration depuis cinquante ans en ce qui concerne les élections en Afrique.

Le monde a changé et l’Afrique aussi, même si elle est à la traîne. L’Afrique se construit une nouvelle identité et, dans quelques années, nos enfants verront cette démocratie dont nous rêvons aujourd’hui. Le mieux, c’est de se réunir pour demander à l’ONU de superviser et certifier toutes les élections en Afrique, tout simplement comme en Côte d’ivoire. Cela nous permettra de voir un peu plus clair dans les résultats.

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