Diplomatie

Syrie : les ambassades française et américaine attaquées par des manifestants pro-régime

| Par Jeune Afrique
Manifestation pro-gouvernementale devant l’ambassade américaine à Damas le 8 juillet 2011.

Manifestation pro-gouvernementale devant l'ambassade américaine à Damas le 8 juillet 2011. © AFP

La tension monte entre Damas d’un côté, et de l’autre Paris et Washington. Après que les ambassadeurs français et américains se sont rendus dans une ville en proie à la contestation, les représentations diplomatiques des deux pays ont été la cible d’attaques des manifestants pro-Bachar el-Assad.

Les ambassades de France et des États-Unis à Damas ont été attaquées le 11 juillet par une foule de partisans du président Bachar el-Assad. Les manifestants sont parvenus à entrer sur le site de l’ambassade américaine avant de retourner sur leurs pas. Les forces de sécurité syriennes auraient réagi de manière particulièrement « lente et insuffisante », indique un membre de la représentation diplomatique américaine.

Les services de sécurité de la représentation diplomatique française ont quant à eux repoussé les assaillants par la force. Plusieurs vitres du bâtiment ont été brisées et des drapeaux syriens ont été accrochés sur le mur de l’ambassade. Une voiture appartenant au personnel a été vandalisée et une photo du président syrien collée dessus, a indiqué un photographe, arrivé sur les lieux après l’attaque. Des tirs à balles réelles auraient été utilisés mais aucune victime n’est à déplorer pour le moment. 

L’ambassadeur de Syrie à Paris convoqué

En réaction, l’ambassadeur de Syrie en France a été convoqué ce lundi 11 juillet. Des manifestations et des outrages (jets de projectiles) avaient déjà été signalés le 10 juillet au soir autour de l’ambassade de France à Damas et du consulat d’Alep dans le nord du pays. Ces incidents interviennent alors que les ambassadeurs des deux pays se sont rendus les 7 et 8 juillet au cœur de la contestation à Hama, marquant ainsi une certaine solidarité avec les opposants au président El-Assad.

À Hama, l’ambassadeur des États-Unis, Robert Ford, avait rencontré de nombreux manifestants dans cette cité assiégée par l’armée, à 210 km au nord de Damas. « L’ambassadeur Ford voulait voir de ses propres yeux ce qui se passe sur le terrain. Le fait que les médias internationaux ne puissent pas couvrir librement (les événements) rend cela encore plus important », avait affirmé l’attaché de presse de l’ambassade des Etats-Unis à Damas.

"Ingérance flagrante"

Les autorités syriennes avaient convoqué les deux ambassadeurs. « Le ministère [des Affaires étrangères syrien, NDLR] a convoqué les ambassadeurs américain et français et leur a fait part de sa vive condamnation de leur visite à Hama sans autorisation préalable, (…) qui constitue une ingérence flagrante dans les affaires intérieures syriennes », avait alors écrit Sana, l’agence de presse officielle.

« Leur visite prouve qu’il existe un soutien et un encouragement de l’extérieur pour déstabiliser le pays, au moment où un dialogue national, qui a pour objectif de bâtir l’avenir de la Syrie, vient d’être ouvert. Ces visites violent le traité de Vienne sur les relations diplomatiques qui stipule la non-ingérence dans les affaires intérieures des différents pays », avait ajouté Sana. (avec AFP)

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3104_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer