Politique

Libye : le régime de Kadhafi prévoit de « faire sauter » Tripoli selon Moscou

Le Premier ministre libyen aurait assuré à un émissaire russe qu’un plan était en place pour « faire sauter » Tripoli en cas d’attaque des rebelles. Moscou entend toutefois s’appuyer sur cet homme pour mener des négociations court-circuitant Mouammar Kadhafi.

Mis à jour le 14 juillet 2011 à 12:38

Le colonel Kaddafi a-t-il mis en place un plan suicidaire ? © AFP

L’hypothèse paraît complètement fantaisiste. Mais du fait de la personnalité, pour le moins instable, du « Guide » libyen et de l’identité de celui qui la rapporte, le doute subsiste…
D’après le Haut représentant de la Russie pour l’Afrique, l’arabisant Mikhaïl Marguelov, le régime de Mouammar Kadhafi se préparerait en effet à faire exploser la capitale libyenne, au cas où les rebelles (actuellement situés à moins d’une centaine de kilomètres) l’envahiraient.

« Le Premier ministre libyen m’a dit à Tripoli : « si les rebelles prennent la ville, nous la couvrirons de missiles et la ferons sauter » », a déclaré Mikhaïl Marguelov dans un entretien au quotidien russe Izvestia. « Je pense que le régime de Kadhafi a bien un plan suicidaire de ce genre », estime-t-il.

Des explosifs en quantité

« Le colonel a des missiles et des explosifs en quantité », assure encore Mikhaïl Marguelov. « Kadhafi n’a pas utilisé un seul missile sol-sol, et il en a beaucoup. Cela incite à douter qu’il manque d’armes ».

Mikhaïl Marguelov s’était rendu à Tripoli le 16 juin (après avoir rencontré les rebelles à Benghazi) et rapporte donc des propos prêtés au Premier ministre libyen Baghdadi Mahmoudi près d’un mois après qu’ils aient été tenus.

"Il faut travailler avec le Premier ministre"

Baghdadi Mahmoudi s’était fait remarqué en début de semaine en évoquant la possibilité d’écarter Mouammar Kadhafi des négociations, une proposition en rupture avec la rhétorique du clan Kadhafi .

Mikhaïl Marguelov donne visiblement du crédit à la proposition du Premier ministre libyen. « On peut parfaitement régler la situation sans le colonel [Kadhafi], d’autant que les vrais leviers du pouvoir sont entre les mains du Premier ministre et d’autres membres du gouvernement, affirme-t-il dans l’entretien. C’est précisément avec cette partie pragmatique du régime qu’il faut dialoguer. C’est à ça que nous travaillons. »

Après s’être opposée aux frappes de l’Otan en Libye, la Russie avait « lâché » Kadhafi en appelant à son départ du pouvoir lors du G8 fin mai. Elle se pose désormais en médiateur de la crise et Moscou appelle à entamer un processus politique le plus vite possible. (avec AFP)