Politique

Le port d’Abidjan exhorte les opérateurs économiques ouest-africains à revenir

À nouveau sécurisé, le port d’Abidjan, qui collectait 90% des ressources douanières de la Côte d’Ivoire avant la crise, espère un retour rapide du trafic en provenance de l’Afrique de l’Ouest. Le problème pourrait désormais se situer en amont, sur les routes ivoiriennes.  

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Mis à jour le 14 juillet 2011 à 13:40

Poumon de l`économie ivoirienne – Le port autonome d’Abidjan. © Vincent Fournier pour J.A

Il est le poumon de l’économie ivoirienne. Pour se remettre à respirer normalement, le port d’Abidjan, dont s’étaient détournés les utilisateurs en raison de la crise post-électorale demande aux opérateurs économiques d’Afrique de l’Ouest de revenir.

« Nous avons besoin de vous »

Mercredi à Ouagadougou, le commandant du port, Philippe Abou Yao, a exhorté des responsables des chargeurs, des chambres de commerce et d’opérateurs économiques du Burkina Faso, du Mali et du Niger, à « ne pas avoir peur ».

Nous avons besoin de vous pour dynamiser le port », a-t-il lancé à l’occasion d’une réunion, sur la sécurité dans les ports d’Afrique et des Canaries.

Les opérateurs économiques ouest-africains avaient délaissé le port d’Abidjan pendant la crise post-électorale en Côte d’Ivoire de fin 2010 à avril 2011, après que celui-ci, principal débouché pour les pays continentaux d’Afrique de l’Ouest, ait fait l’objet d’un embargo de l’Union européenne. Philippe Abou Yao assure qu’ « au niveau de la sécurité au port d’Abidjan, (…) tout est redevenu normal ».

Rackets et barrages sur la route du port

Selon le commandant, le trafic – qui apportait quelque 90% des recettes douanières de la Côte d’Ivoire avant la crise – n’est plus très loin de son niveau normal

« Juste après la crise post-électorale, on enregistrait deux navires à l’entrée par jour, aujourd’hui on enregistre une entrée de sept à huit navires par jour. En temps normal, nous faisons huit à neuf navires », a-t-il précisé.

« Le port d’Abidjan ne fait plus peur, a souligné le directeur général du Conseil burkinabè des chargeurs, Ali Traoré. Mais les opérateurs économiques déplorent les tracasseries et les nombreux rackets dans les corridors routiers ».

Ce à quoi a répondu Philippe Abou Yao : « Le gouvernement a tenu à diminuer les barrages sur les routes et a mis en place une police anti-racket pour rassurer les pays de l’hinterland ». (avec AFP)